Après l'unité affichée avec Obama, Hollande reçoit Merkel

François Hollande pendant une conférence de presse conjointe avec Barack Obama à la Maison-Blanche le 24 novembre 2015 [NICHOLAS KAMM / AFP] François Hollande poursuit son marathon diplomatique ce mercredi. [NICHOLAS KAMM / AFP]

A peine de retour de Washington où il a affiché son unité avec Barack Obama dans la lutte contre Daesh, le président français François Hollande reçoit mercredi la chancelière allemande Angela Merkel avant de rencontrer le président russe Vladimir Poutine jeudi à Moscou.

Mais la «grande coalition» face à Daesh reste hypothétique, car au delà de la volonté occidentale de faire front contre l'organisation jihadiste qui a revendiqué les attentats de Paris, les divergences avec la Russie sur la Syrie sont toujours aussi présentes.

«Nous sommes tous français», a lancé, en français, le président américain au cours d'une conférence de presse à la Maison Blanche qui n'a donné lieu à aucune annonce spécifique, les deux dirigeants se bornant à plaider pour l'intensification des échanges de renseignement. 

Ce premier déplacement à l'étranger de François Hollande depuis les attentats du 13 novembre (130 morts, 350 blessés) a surtout montré la difficulté de faire bouger les lignes sur le dossier syrien. L'épineuse question de la place à réserver au président Bachar al-Assad dans une éventuelle transition politique reste entière. «On est probablement plus enclin à travailler avec M. Poutine que M. Obama ne l'est à ce stade», a reconnu une source diplomatique française.

Tensions entre la Russie et la Turquie

Le marathon diplomatique entamé par le président français pour mieux coordonner le combat contre Daesh risque par ailleurs d'être mis à mal par la destruction d'un avion de combat russe, abattu mardi à la frontière syrienne par la Turquie, pays membre de l'Otan. A l'unisson, Barack Obama et François Hollande ont appelé à éviter toute «escalade». Dans un entretien téléphonique avec Barack Obama, le président turc Recep Tayyip Erdogan a convenu de «l'importance de désamorcer les tensions», selon la présidence turque.

Soulignant la volonté commune des deux pays d'intensifier leurs frappes aériennes et d'élargir leur portée, en Irak comme en Syrie, François Hollande a martelé que la France n'interviendrait pas au sol mais continuerait à «accompagner les forces locales». Des Rafale partis du porte-avions français Charles-de-Gaulle positionné en Méditerranée orientale ont frappé mardi un centre de commandement de Daesh à Tal Afar, à l'ouest de la ville irakienne de Mossoul. Les avions français avaient frappé lundi pour la première fois l'organisation terroriste en Irak et en Syrie depuis le porte-avions.

Trouver une solution au conflit syrien

La communauté internationale a relancé un processus diplomatique pour trouver une solution au conflit syrien, qui a fait au moins 250.000 morts depuis 2011 et contraint des millions de Syriens à l'exil, mais Moscou s'oppose aux grandes puissances occidentales sur le sort à réserver à Bachar al-Assad.

Le président français, qui doit rencontrer Vladimir Poutine jeudi, a appelé ce dernier à reconsidérer son soutien à Bachar al-Assad, ce dernier n'ayant «pas sa place» dans une transition politique, selon lui. «Dès lors qu'il a été le problème, il ne peut pas être la solution», a-t-il affirmé.
 
Tant qu'il n'y aura pas de «changement stratégique» de la part de Vladimir Poutine sur ce point, la coopération sera «très difficile», a clairement averti Barack Obama, signifiant que la position américaine sur le dossier n'avait pas bougé. «Si leur priorité est d'attaquer l'opposition modérée qui pourrait faire partie d'un futur gouvernement syrien, la Russie n'aura pas le soutien de notre coalition», a-t-il expliqué.

 

 

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