Les motivations d’Hitler étaient «fondées», selon le Vice-Premier ministre japonais

Taro Aso, le Vice Premier-ministre japonais, est coutumier des déclarations controversées. [ALBERTO PIZZOLI / AFP]

Le vice-Premier ministre japonais, Taro Aso, a été contraint mercredi 30 août de retirer des propos déplacés à propos d'Adolf Hitler, qui avaient crée une nouvelle polémique liée à l'Allemagne nazie.

Connu pour ses gaffes à répétition, Taro Aso, par ailleurs ministre des Finances du gouvernement conservateur de Shinzo Abe, avait commis cette bourde lors d'une rencontre avec des membres de son parti.

«Même si ses motivations étaient fondées, Hitler, qui a tué des millions de personnes, n'était pas un bon responsable politique», a-t-il déclaré. Une façon, selon lui, d'insister sur le fait qu'en politique les résultats qu'on laisse comptent plus que les motivations.

Rétropédalage

Face à la controverse, Taro Aso a ainsi tenté mercredi de justifier davantage sa pensée : «si vous prenez mes commentaires dans leur ensemble, il est clair à travers mes propos, que ma perception d'Hitler est extrêmement négative et que ses motivations étaient erronées». Et d'ajouter : «Il était inapproprié d'utiliser l'exemple d'Hitler».

Régulièrement, au Japon, des actes ou des propos faisant référence à l'Allemagne nazie provoquent la controverse et attirent des critiques internationales, bien qu'ils tendent plutôt à être attribués à de l'ignorance.

Des élites japonaises à éduquer

«Les élites du Japon ont besoin d'être éduquées au sujet de l'Holocauste nazi», avait jugé début juillet le centre Simon Wiesenthal, organisation de défense des droits de l'homme, de lutte contre les activités néonazies et de recherche sur l'Holocauste.

A l'époque, le centre réagissait à des remarques d'un responsable de la banque centrale du Japon qui avait fait les louanges de la politique économique d'Adolf Hitler. L'institution avait présenté des excuses.

D'ailleurs, déjà en 2013, Taro Aso lui-même avait utilisé l'exemple nazi suggérant que le Japon devrait s'inspirer de l'Allemagne nazie pour réformer sa Constitution.

«La Constitution de (la république de) Weimar a été discrètement remplacée par la Constitution de l'Allemagne nazie : pourquoi ne pas s'inspirer de leur tactique ?», s'était-il interrogé. Là encore, Taro Aso avait été contraint de retirer ses propos.

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