L’homme qui avait prédit l’élection de Trump pense qu’il sera destitué

Avec sa méthode, Allan Lichtman a trouvé les gagnants des neuf dernières élections présidentielles américaines. [PAUL J. RICHARDS / AFP]

Alors qu'il vient de souffler sa première bougie à la Maison Blanche, un grand nombre de politologues américains pensent que la destitution de Donald Trump avant la fin de son mandat est inévitable. Notamment l'historien Allan Lichtman, l'un des rares à avoir vu très vite la victoire du magnat de l'immobilier.

Depuis quelques mois, cet éminent professeur d'histoire de l'American University à Washington prédit que le président des Etats-Unis n'arrivera pas au terme de sa mandature. «L'épée de Damoclès russe tient au-dessus de la tête du président par le plus fin des fils», avait-t-il  déclaré lors des premières révélations sur les relations troubles entre les proches du candidat républicain et la Russie.

Allan Lichtman va jusqu'à évoquer une possible destitution par Impeachment du 45e président américain. Une procédure lourde de conséquence. La dernière procédure d'impeachment fut engagée contre le président Bill Clinton, le 8 octobre 1998 suite au Monicagate. Dans l'affaire Monica Lewinsky, il fut accusé de parjure, d'obstruction à la justice, de subornation de témoins et d'abus de pouvoir. Bill Clinton fut finalement acquitté. 

Ainsi selon l'historien, l'article 2 de la Constitution pourrait être une nouvelle fois convoqué afin de destituer Donald Trump. Dans son dernier livre The Case for Impeachment (2018, éd. HarperCollins), il annonce ses prédications. Interrogé par le Parisien, il déclare : «si mes prédictions sont justes, et jusqu'à présent elles l'ont toujours été été , il (Donald Trump) n'aura pas trois ans de plus à la tête du pays. Il sera destitué avant, peut-être au printemps 2018.»

Une trahison ou un crime

Dans le collimateur d'Allan Lichtman, il y a l'affaire russe. «On connaît la partie émergée de l'iceberg, on sait que la Russie a interféré dans l'élection présidentielle de 2016. Mais l'enquête du procureur spécial Robert Mueller pourrait aboutir à quelque chose de plus gros qui implique Donald Trump. Si le président a passé un accord avec les Russes par exemple, ça serait une trahison», explique-t-il.

Un autre «crime» peut également entraîner la destitution de Donald Trump. Il serait cette fois-ci d'ordre financier, selon Allan Lichtman. «Depuis le début de son mandat, Donald Trump refuse de publier ses déclarations d'impôts. A mon avis, il veut cacher quelque chose, comme des liens financiers avec des gouvernements étrangers peut-être», explique-t-il au journal.

A ceux qui accusent ce professeur d'histoire de donner son avis, il rétorque : «mes prédictions n'ont rien à voir avec mes idées politiques. Je parle de destitution pour Donald Trump car il est différent. Il se rapproche un peu de Nixon, qui a démissionné avant d'être destitué, mais  au moins Nixon comprenait la politique, il se souciait des enjeux internationaux». Avant d'ajouter : «Trump ne les comprend pas et ne s'en soucie pas.»

Professeur à l'universite de Washington DC, Allan Lichtman a mis au point une méthode reposant sur treize facteurs pour connaître le nom du gagnant de l'élection américaine. Avec cette méthode, il avait vu juste lors des huit présidentielles américaines précédentes. Lors de la dernière campagne, alors qu'Hillary Clinton était donnée largement favorite, il avait, lui, déterminé que Donald Trump remporterait les élections.

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