Syrie : 500 civils tués en sept jours dans le fief rebelle de la Ghouta

Des médecins syriens examinent une enfant dans un hôpital de fortune après des bombardements du régime syrien sur la ville de Douma dans la Ghouta orientale, le 22 février 2018 [Hamza AL-AJWEH / AFP] 13 hôpitaux de la région ont été bombardés. [Hamza AL-AJWEH / AFP]

Selon un dernier bilan, les raids du régime syrien ont tué en sept jours 500 civils, dont 123 enfants, dans la Ghouta orientale, fief rebelle bombardé sans cesse depuis le 18 février, a indiqué samedi une ONG.

Le bilan a augmenté après la découverte de nouveaux corps sous les décombres et la mort de victimes supplémentaires samedi, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le déluge de feu du régime se poursuit samedi sur la Ghouta, alors qu'un vote est attendu samedi à 17H00 GMT au Conseil de sécurité de l'ONU sur une possible trêve d'un mois dans tout le pays.

«En sept jours, 505 civils ont été tués, dont 123 enfants», a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Pour la seule journée de samedi, 29 civils ont été tués, dont 17 à Douma, la grande ville de la Ghouta, selon l'Observatoire.

Cette nouvelle campagne aérienne dévastatrice a été lancée dimanche dernier par le régime en prélude à une offensive terrestre pour reprendre ce dernier fief contrôlé par les rebelles aux portes de Damas, un bastion du pouvoir. Soumis à un siège asphyxiant depuis 2013 par le régime, les quelque 400.000 habitants de la Ghouta subissent au quotidien pénuries de nourriture et de médicaments.

Des gouvernements horrifiés

Des ONG, organisations internationales et gouvernements se sont dits horrifiés par l'ampleur de ce pilonnage, d'une rare violence dans un pays pourtant ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts. Dans la Ghouta orientale, où quelque 400.000 habitants tentent de subsister, le coût humain et les destructions sont colossales.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 416 civils, dont 95 enfants, ont été tués depuis le début dimanche de cette campagne de bombardements.

Jeudi à New York, l'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia a annoncé qu'il n'y avait «pas d'accord» entre les membres du Conseil de sécurité pour imposer un cessez-le-feu humanitaire d'un mois, négocié depuis plus deux semaines.

Washington et Paris se sont élevés contre la position russe, l'ambassadeur français François Delattre évoquant une «situation insoutenable» pour les civils. Son homologue suédois, Olof Skoog, a dit espérer une mise au vote vendredi du projet de résolution sur un cessez-le-feu, rédigé par son pays et le Koweït.

La porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, a dénoncé jeudi la «responsabilité particulière» de Moscou, assurant que «sans le soutien apporté par la Russie à la Syrie, cette dévastation et ces morts n'auraient pas eu lieu». Moscou utilise régulièrement son droit de veto pour protéger le régime syrien à l'ONU.

Les condamnations internationales se sont multipliées, en vain.

Hôpitaux bombardés

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réclamé un accès à la Ghouta orientale pour porter secours aux blessés, qui meurent selon lui faute de soins immédiats et de matériel médical. «Le régime prétend viser des groupes armés mais en vérité il ne vise que les civils !», s'est insurgé Ahmed Abdelghani, médecin dans les hôpitaux bombardés de Hammouriyé et Arbine. «C'est un hôpital civil, pourquoi le régime nous vise-t-il ?»

Ces trois derniers jours, 13 hôpitaux de la Ghouta orientale où intervient l'ONG Médecins sans frontières ont été touchés, selon l'organisation.

Au moins 59 civils sont morts jeudi dans des raids aériens et des tirs de roquettes visant plusieurs localités, notamment Douma, la grande ville de la Ghouta, où 37 personnes ont péri, selon l'OSDH. L'Observatoire a affirmé que l'aviation de la Russie, alliée du régime, avait participé aux raids.

Dans la localité de Hammouriyé, un autre correspondant de l'AFP a vu des habitants se presser devant un magasin pour acheter de la nourriture avant de prendre la fuite quand des obus ont explosé à proximité.

Le régime cherche à reprendre la Ghouta orientale, pour, dit-il, stopper les tirs de roquettes sur Damas. Selon le quotidien syrien Al-Watan, une offensive terrestre «d'envergure peut commencer à tout moment».

Depuis le début en 2011 de la guerre en Syrie, plusieurs zones rebelles, comme la vieille ville de Homs en 2012 ou Alep en 2016, ont été écrasées par des bombardements et un siège étouffant pour forcer les combattants antirégime à déposer les armes. Le conflit en Syrie a d'abord opposé les rebelles au régime puis s'est complexifié avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

Avec l'intervention de la Russie en 2015, le régime d'Assad, qui était en mauvaise posture, a réussi à reprendre le contrôle de plus de la moitié du territoire.

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