Les images de la rencontre entre Emmanuel Macron et le pape François au Vatican

A l’instar de presque tous ses prédécesseurs, le président de la République, Emmanuel Macron, s'est présenté mardi 26 juin au Vatican, où il a rencontré le pape avant de s'entretenir avec lui pendant cinquante-sept minutes.

Pour cette toute première visite au Saint-Siège depuis son élection, il y a plus d’un an, le chef de l’Etat sera accompagné de son épouse, Brigitte, du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et de celui de l’Intérieur, Gérard Collomb. Au cours de leur entrevue, d’environ une heure, l’ancien élève d’un lycée jésuite d’Amiens et François, issu de la Compagnie de Jésus, devraient aborder plusieurs dossiers cruciaux.

Des enjeux communs

Si l’ordre du jour de «l’audience privée», programmée à 10h, n’avait pas été communiqué, les sujets brûlants n'ont pas manqué d’être mis sur la table. D’abord la question des migrants, qui divise l’UE, et sur laquelle François tient, depuis le début de son pontificat, en 2013, un discours fort, appelant à accueillir les personnes vulnérables.

Si, sur ce point, le pape a peut-être fait pression sur le dirigeant français, les deux hommes ont surement du tomber d’accord sur le projet européen, au sujet duquel ils ont livré de vibrants plaidoyers. En 2014, le pape avait ainsi appelé de ses vœux «une Europe unie et en paix, créative et entreprenante, respectueuse des droits et consciente de ses devoirs». Un discours qu’aurait pu prononcer Emmanuel Macron.

Les deux dirigeants devaient, par ailleurs, aborder les enjeux climatiques. Le pape, très impliqué dans la protection de l’environnement, pourrait constituer un allié de poids dans la volonté d’Emmanuel Macron de sauver l’accord de Paris. Enfin, les dirigeants ont probablement évoqué le sort des chrétiens d’Orient, victimes de persécutions, qu’ils ont tous deux dénoncées à plusieurs reprises.

Un message aux catholiques

À côté des enjeux internationaux, cette visite a son importance au niveau hexagonal. Après l’entrevue, Emmanuel Macron recevra en effet son titre de «Chanoine d’honneur» de Saint-Jean-de-Latran, qui revient automatiquement au chef d’Etat français depuis Henri IV. En se pliant à cette tradition, «le président cherche à renouer le lien entre l’exécutif français et les catholiques», explique l’historien des religions Martin Dumont. 

Une volonté qu’il avait déjà manifestée en avril, dans son discours au Collège des Bernardins, à Paris. Plutôt bien reçue par les chrétiens, son intervention avait suscité de grandes attentes au sein de cette communauté. «Il faudra plus qu’un discours et une visite au Vatican pour rallier l’opinion catholique», souligne Martin Dumont. 

Mais l’exercice s’annonce périlleux. Car s’il est attendu au tournant par les croyants, Emmanuel Macron l’est aussi par les défenseurs d’une stricte laïcité, qui pourraient critiquer cette cérémonie religieuse associant la France à l’Eglise.

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