Emmanuel Macron : le climat pour combat

Le président français veut continuer à incarner la lutte environnementale, mais son bilan intérieur reste mitigé [PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP]

Sa devise fait toujours mouche. Dans le sillage de son désormais célèbre «Make Our Planet Great Again», Emmanuel Macron poursuit son engagement pour l’écologie sur la scène ­internationale.

Aujourd’hui, à New York, le président français réunit acteurs ­publics et privés pour le second «One Planet Summit», neuf mois après sa première édition, près de Paris. Un ­événement d’envergure internationale ­organisé, en partie, à l’initiative du chef de l’Etat, dont les efforts pour la ­planète sont reconnus.

Preuve en est, le titre de «champion de la Terre», un prix initié en 2005 par l’ONU, qu’il va recevoir aujourd’hui, au côté du chef de gouvernement indien.

Un rôle de meneur

Lors de ce forum mondial, qui vise à faire le point sur les engagements pris depuis l’accord de Paris, le président compte soigner son image de leader de la lutte environnementale et encourager la coopération à l’échelle mondiale. «Emmanuel Macron a bien compris, avec l’élection de Donald Trump et sa sortie de l’accord de Paris, qu’il y avait une place à récupérer au premier plan mondial», estime Bastien Alex, chercheur à l’Iris.

Une ambition accompagnée d’un discours fort. Ainsi, hier, lors de son allocution au siège des Nations unies, il a appelé à ne plus signer d’accord commercial «avec les pays qui ne respectent pas l’accord de Paris». La veille, sur Twitter, il avait rappelé l’importance d’un «cadre juridique mondial» pour le climat.

Malgré un événement plus modeste aujourd’hui – 300 personnes, dont une trentaine de chefs d’Etat, sont attendus, contre 4 000 l’année passée –, le président français peut ­compter sur les acteurs de la société civile et de la finance verte : les milliardaires américains Bill Gates et Michael Bloomberg, la directrice du FMI, Christine Lagarde, ou encore le gouverneur de la Banque d’Angleterre devraient être à ses côtés.

Une aide précieuse pour convaincre les Etats les plus réticents. Car, si la Chine, l’Inde ou l’Afrique du Sud ont amorcé leur reconversion énergétique, avec plus ou moins de succès, ces puissances restent frileuses quand il s’agit de freiner leur croissance économique.

Difficile d’encourager la coopération de près de 200 nations quand Donald Trump, à la tête du pays deuxième émetteur de gaz à effet de serre, est un climatosceptique revendiqué. «C’est la limite de la stratégie de Macron, indique Bastien Alex. Paris ne pèse pas autant que Washington sur la scène internationale».

Le cas hexagonal

Si le locataire de l’Elysée se concentre sur l’environnement à l’international, la situation en France, elle, est moins favorable. «Le départ anticipé de Nicolas Hulot du gouvernement a été un aveu d’échec, pointe le chercheur. On ne lui a pas donné les moyens d’accomplir son mandat.» 

Ainsi, depuis la démission surprise de son ministre, au début du mois, l’image de «leader écolo» d’Emmanuel Macron a tendance à ­s’effriter. Recul sur le nucléaire, définition des perturbateurs endocriniens prudente, interdiction du glyphosate plus limitée que prévu… Face au défi climatique, la société civile appelle le président à davantage d’ambitions, pour un Hexagone «great again», en matière d’environnement.

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