La sonde de la Nasa InSight a atterri sur Mars

Après près de sept mois de voyage interplanétaire, la sonde de la Nasa InSight a atterri lundi à la surface de Mars, ayant survécu à la traversée de l'atmosphère de la planète rouge, a confirmé la Nasa depuis son centre de contrôle de Pasadena en Californie.

«Atterrissage confirmé !», a annoncé la contrôleuse. Les ingénieurs et scientifiques de la Nasa ont immédiatement laissé éclater leur joie. InSight transporte notamment un sismomètre développé par le Centre national d'études spatiales en France.

Les informations ont été retransmises en quasi-direct par deux microsatellites CubeSats qui ont accompagné InSight durant le voyage, et ont servi de relais vers la Terre.

Toutes les étapes de la descente sur Mars se sont déroulées parfaitement, de l'entrée dans l'atmosphère à l'ouverture du parachute, jusqu'au déploiement des pieds et à l'atterrissage. En moins de sept minutes, l'engin est passé de 19.800 km/h à 8 km/h.

La mission vise à comprendre la composition de l'intérieur de Mars, ce qui permettra de comprendre la façon dont les planètes rocheuses se sont formées, il y a quatre milliards et demi d'années.

InSight a voyagé durant six mois et demi et parcouru 480 millions de kilomètres depuis son lancement, avec à son bord un instrument qui vaut des dizaines de millions d'euros : un sismomètre hypersensible. L'objet a été conçu par l'agence spatiale française, le Cnes.

Depuis 2012, avec Curiosity, aucun objet n'a tenté de se poser sur le sol de Mars. D'ailleurs, seuls les Américains ont réussi à poser des robots sur la planète rouge. En 2016, les Européens ont échoué, comme l'URSS à plusieurs reprises.

«Atterrir sur Mars est vraiment, vraiment difficile», avait déclaré Thomas Zurbuchen, chef du directorat scientifique de la Nasa, l'agence spatiale américaine qui a approuvé la mission de près d'un milliard de dollars il y a sept ans. Des paroles confirmées par le directeur du Cnes, Jean-Yves Le Gall, pour qui «lundi soir, on va vivre 'les sept minutes de terreur'». Mais bien que ce soit la saison des tempêtes sur Mars, la météo devait être bonne et le bouclier thermique d'InSight avait été renforcé.

Les chercheurs espèrent répondre à de nombreuses questions

La sismologie a joué un rôle de premier plan pour rassembler des connaissances sur la formation et la composition interne de la Terre. Ainsi, écouter l'intérieur de Mars permettra de faire le tri entre les différentes théories sur la formation des planètes de notre système solaire. D'autant plus que l'absence de tectonique des plaques sur cette planète, qui fait la moitié de la Terre, a permis d'en préserver la structure initiale, contrairement à la planète bleue.

Le sismomètre contenu dans InSight est composé, en réalité, de six sismomètres. Immobile et protégé par un dôme, il sera posé sur le sol de Mars pour écouter les météorites qui se fracassent régulièrement sur la planète rouge, les tremblements de terre, le craquement des couches, leurs déformations, les failles sous la surface, l'attraction créée par la petite lune Phobos, etc. Les chercheurs espèrent ainsi répondre à de nombreuses questions : le noyau de Mars est-il liquide ou solide ? Quelles sont l'épaisseur et la composition du manteau de la croûte ?

HP3, un autre instrument allemand, est une sorte de thermomètre qui captera les flux de chaleur venant des tréfonds. Relié par une laisse à l'atterrisseur, il ressemble à une petite taupe. Il creusera de 3 à 5 mètres de profondeur.

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