Un eurodéputé ex-FN emploie la fille du porte-parole de Poutine

Aymeric Chauprade aux côtés de Marine Le Pen, en 2014. Aymeric Chauprade aux côtés de Marine Le Pen, en 2014. [© BERTRAND GUAY / AFP]

Une fille du porte-parole de Vladimir Poutine, Elizaveta Peskova, est en stage au Parlement européen, a indiqué lundi son employeur Aymeric Chauprade, ex-conseiller pour les affaires internationales de Marine Le Pen.

Aymeric Chauprade confirmait une information divulguée par Radio Free Europe, média privé financé par le Congrès américain. «Elizaveta, fille de Dmitry Peskov, porte-parole de Poutine, a commencé son stage en novembre 2018, (qui) va s'arrêter fin avril, avec la fin de mon activité parlementaire», a déclaré l'eurodéputé d'extrême droite.

Rémunérée 1.000 euros par mois, comme tous les autres stagiaires qu'a eus Aymeric Chauprade, Elizaveta, étudiante en droit en France, «n'a accès qu'à des données publiques, et pas aux débats à huis clos», a-t-il expliqué, soulignant notamment qu'elle ne pouvait pas suivre les travaux de la délégation UE/Russie à laquelle il appartient. Une information confirmée par une porte-parole du parlement européen, Marjory van den Broeke. De source européenne, le Parlement européen n'a pas vraiment de documents secrets ou même très confidentiels. Et sur l'intranet du Parlement, il n'y a vraiment rien de très secret.

«Il s'agit d'une pratique normale»

L'eurodéputée socialiste française Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy s'est cependant déclaré «effarée». «C'est extrêmement choquant. La fille du porte-parole du Kremlin n'est pas n'importe quelle personne», a-t-elle dit . «Je suis surprise que ce recrutement ait été validé par les services du Parlement», a-t-elle ajouté.

Aymeric Chauprade a, de son côté affirmé : «il y a zéro sujet au point de vue sécurité defense et conflit d'intérêt». Il a été élu avec le FN (devenu RN) en 2014, puis s'est brouillé avec ses dirigeants et est devenu indépendant fin 2015. Il était observateur lors du référendum organisé par Moscou en Crimée après l'annexion de cette péninsule par la Russie en mars 2014. «Je n'ai jamais caché que je considérais que la Crimée était russe historiquement et qu'il y avait eu un vote d'adhésion du peuple à ce moment-là», a-t-il ajouté.

«Il s'agit ici d'une étudiante normale et d'une pratique normale. Cela n'a rien à voir avec ma fonction professionnelle ou mon travail», s'est quant à lui défendu mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, alors que l'UE redoute des interférences de la part de la Russie lors des élections européennes de mai. 

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