Plus de 40 % des Nord-Coréens sont confrontés à la faim

Des Nord-Coréens travaillant dans un champ, aux environs de Pyongyang, en juillet 2016. Des Nord-Coréens travaillant dans un champ, aux environs de Pyongyang, en juillet 2016.[Ed Jones / AFP]

En raison de récoltes agricoles catastrophiques, 43 % des habitants de la Corée du Nord (10,9 millions de personnes) sont sous-alimentés et ont besoin d'une aide humanitaire, a annoncé l'ONU ce mercredi 6 mars.

C'est 600 000 personnes de plus que l'an passé, a précisé l'organisation internationale, qui insiste sur le risque accru de malnutrition et de maladies. Et, sur ces quelque 11 millions de personnes, 3,8 millions sont dans une situation urgente, nécessitant une aide de 120 millions de dollars (106 millions d'euros), selon le coordinateur résident de l'ONU pour le Nord, Tapan Mishra.

En effet, le régime autoritaire a enregistré l'an passé ses pires récoltes en plus de dix ans, provoquant un important déficit alimentaire. Elles se sont élevées à 4,95 millions de tonnes, soit une baisse de 500 000 tonnes par rapport à 2017. En cause, les catastrophes naturelles (une très forte vague de chaleur en juillet et août dernier, suivie par des inondations provoquées par le passage du typhon Soulik), un manque de terres arables et une agriculture inefficace. Le mois dernier, Pyongyang avait indiqué à l'ONU que 1,4 million de tonnes de nourriture allaient lui manquer cette année.

«Un des plans humanitaires les moins bien financés du monde»

Mais alors que le nombre de personnes ayant besoin d'aide augmente, l'ONU a dû réduire son objectif de personnes à aider de six à 3,8 millions, car l'organisation cherche à toucher les personnes les plus dans le besoin. Et ces objectifs ne sont dans tous les cas pas atteints, car seul 24 % de l'argent qui avait été demandé l'an passé a été récolté. Il s'agit «d'un des plans humanitaires les moins bien financés du monde entier», a déploré Tapan Mishra.

Ce dernier explique ce constat par les sévères sanctions de la communauté internationale que subies le pays dirigé par Kim Jong-un, en raison de ses programmes nucléaire et balistique interdits. Certaines agences ont ainsi été contraintes de réduire l'ampleur de leurs programmes, voire d'arrêter des projets, a expliqué le représentant des Nations Unies, en exhortant les donateurs à «ne pas laisser des considérations politiques faire obstacle à la réponse aux besoins humanitaires».

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