Qui sont les 11 jihadistes français condamnés à mort en Irak ?

Au total, neuf jihadistes français ont écopé de la peine capitale en Irak pour appartenance à Daesh.[©AFP]

Un tribunal antiterroriste de Bagdad a condamné à mort lundi deux nouveaux ressortissants Français pour appartenance à Daesh. Au total, les 11 jihadistes français jugés ont écopé de la peine capitale en Irak.

Fodil Tahar Aouidate

Le procès de Fodil Tahar Aouidate, 32 ans, décrit comme un homme autoritaire, violent et prêt à mourir pour l'idéologie radicale de Daesh, s'était ouvert le 27 mai. Détenu par une force kurde anti-EI, il a été transféré début janvier de Syrie vers l’Irak. Le tribunal a rejeté ses allégations selon lesquelles ses aveux auraient été obtenus sous la torture.

En effet, celui qui se faisait appeler Abou Mariam al-Faranssi depuis qu'il avait rejoint la Syrie en 2014 avec 22 membres de sa famille, avait assuré que ses interrogateurs l'avaient frappé pour «avouer ce qu'ils réclamaient».

Originaire de Roubaix (nord de la France), Fodil Tahar Aouidate était apparu peu après les attentats du 13 novembre 2015 en France dans une vidéo. Il y disait son «grand plaisir et grand bonheur de voir ces mécréants souffrir» et menaçait : «on continuera à frapper chez vous».

Emprisonné en France plusieurs mois pour trafic de drogue, il a été enregistré dans les archives administratives de l'EI comme un «combattant», selon un document à en-tête du groupe présenté par le juge. Enfin, il était connu du renseignement français pour ses liens avec la mouvance salafiste belge, notamment Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs présumés du 13 Novembre.

Vianney Ouraghi

Jugé par la cour de Bagdad ce dimanche 2 juin, Vianney Ouraghi, 28 ans, est le neuvième Français à écoper la peine de mort pour appartenance à Daesh en Irak.

Ce Français d'origine algérienne dont l'audience, initialement prévue lundi, a été avancée à ce dimanche 2 juin, a reconnu devant le juge avoir «travaillé avec Daech». «Mais je n'ai pas participé aux combats ni en Syrie ni en Irak», a-t-il ajouté.

Kévin Gonot

Agé de 32 ans, Kévin Gonot est né à Figeac dans le sud-ouest de la France. Il a été arrêté en Syrie avec son demi-frère Thomas Collange, 31 ans, sa mère et son épouse, une nièce des frères Fabien et Jean-Michel Clain qui avaient revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 au nom de l'organisation. 

Il s’est converti au début des années 2000, en même temps que son père, sa mère et son demi-frère. Chauffeur dans une société de nettoyage, Kevin a vécu pendant deux ans au Caire pour étudier l'arabe. Entré illégalement en Syrie via la Turquie, il a d'abord rejoint le Front al-Nosra (ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie) avant de prêter allégeance au «calife» de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi.

Celui qui se faisait appeler Abou Sofiane au sein de l'EI a indiqué avoir été blessé au ventre lors de la bataille de Kobané, en Syrie, en 2015. Il a assuré au juge avoir ensuite été transféré à Mossoul, la «capitale» de l'EI en Irak de 2014 à 2017 pour y être hospitalisé et non pour y combattre. En France, il a déjà été condamné en son absence à neuf ans de prison, selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT) à Paris.

Mustapha Merzoughi

En France, Mustapha Merzoughi vivait à Toulouse d'où venaient également les frères Fabien et Jean-Michel Clain, qui ont revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 avant d'être tués récemment en Syrie.

Passé par la Belgique puis par le Maroc, cet ancien militaire français, qui a rejoint l’organisation terroriste en 2015, a ensuite suivi «des formations religieuses et militaires à Alep», dans le nord de la Syrie. Il a raconté au juge, selon des informations publiées par le Conseil supérieur de la magistrature irakien, avoir été militaire pendant dix ans dans l’armée française, de 2000 à 2010. 

Il est surtout connu par le renseignement français pour avoir recruté, sur Internet, des candidates au jihad.

Léonard Lopez

D’origine parisienne, Léonard Lopez, 32 ans, est un proche de Sabri Essid, demi-frère par alliance de Mohamed Merah. Au début des années 2000, il fait partie des membres les plus actifs du site jihadiste de référence à cette époque, Ansar Al-Haqq («les partisans de la vérité»).

ll a aussi cofondé l'association Sanabil, dissoute par le gouvernement français en 2016 pour avoir participé à la radicalisation des détenus en prison. 

En juillet 2015, sous contrôle judiciaire pour son activité sur ce site, Léonard Lopez est parti avec sa femme et leurs deux enfants. D'abord à Mossoul, dans le nord de l'Irak, puis en Syrie, selon les enquêteurs français. Condamné en son absence en juillet 2018 à cinq ans de prison dans le dossier Ansar al-Haqq, celui qui se faisait appeler Abou Ibrahim al-Andaloussi, est connu des services de renseignement pour avoir cofondé l'association Sanabil, dissoute par le gouvernement français fin 2016 car elle contribuait à radicaliser des prisonniers.

Salim Machou

Ce français de 41 ans, a appartenu à la brigade Tariq ibn Ziyad, une unité de Daesh menée par un ancien légionnaire français. Selon les autorités américaines, cette cellule est responsable d'attaques en Irak, en Syrie et à l'étranger. Salim Machou a, selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT), hébergé à Raqa Jonathan Geffroy, un Français capturé en Syrie et proches des frères Clain.

Yassine Sakkam

Originaire de Saint-Just, à côté de Lunel (Hérault), Yassine Sakkam est l’un des Français de Daesh les plus médiatisés.  «Je suis parti en Syrie parce que j'étais énervé et que je pensais que l'EI défendait les plus faibles. Aujourd'hui, j'ai vu la vérité sur l'EI et je n'ai plus rien à voir avec cette organisation», a déclaré l’homme de 29 ans, précisant avoir touché un salaire de 70 dollars par mois.

«En France, je ne m'intéressais à rien, ni à la Palestine, ni à l'Irak, ni à la guerre. Je pensais seulement à gagner de l'argent. Entre deux verres (d'alcool) et de la cocaïne, j'ai appelé mon frère (en Syrie) et je lui ai dit : 'je viens te voir'.» a-t-il raconté. A la question du juge qui lui demandait où se trouvait actuellement son frère, il a répondu: «Il s'est fait exploser à la frontière irakienne».

Karam El Harchaoui

Français d'origine marocaine, Karam El Harchaoui, 33 ans a expliqué avoir pris la route de la Syrie depuis Bruxelles où il était chômeur. «Je ne suis pas entré en Irak et je n'ai participé à aucun combat ni en Syrie ni en Irak», a-t-il déclaré, assurant être parti seul en Syrie, où il a eu deux épouses successives, toutes deux ressortissantes belges.

Brahim Nejara

Selon ses dires, Brahim Nejara, 33 ans, serait «parti de France en Syrie avec (sa) voiture en 2014», date à laquelle le «calife» autoproclamé de l'EI a appelé ses partisans à lui prêter allégeance. «Ma femme, ma fille et mon beau-frère étaient avec moi», a poursuivi l'homme qui se faisait appeler Abou Souleimane al-Tounsi au sein de Daesh.

Français originaire de Meyzieu, dans le Rhône, il est apparu dans une vidéo de propagande du groupe ultraradical après les attentats de novembre 2015 en France. Selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT), à Paris, il avait incité un de ses frères à commettre un attentat en France et fréquenté en Syrie Foued Mohamed-Aggad, l'un des kamikazes du Bataclan, où a eu lieu une des tueries du 13 novembre.

MOURAD DELHOMME

Né en Algérie en 1978, il aurait exercé les fonctions de juge dans les tribunaux de Daesh. Mourad Delhomme était présenté comme un vétéran du jihad. Il a rejoint le territoire de Daesh, a-t-il juré, pour sauver la femme d'un ami --proche des mouvements jihadistes algériens et mort au combat en Syrie dans les rangs de Daesh--, prisonnière des rebelles syriens.

Il a fini par épouser cette femme et avoir un enfant avec elle, a-t-il dit au juge, en plus de sa première épouse Palestinienne de Syrie rencontrée en 2009 à Damas, et d'une autre, rencontrée en Syrie en 2014.

Bilal Kabaoui

Originaire de la région parisienne, il avait rejoint les territoires contrôlés par Daesh en 2014. Il a plaidé avoir été lui-même décidé par un ami, qui lui avait affirmé qu'il pourrait quitter la Syrie à tout moment. "C'était il y a cinq ans, j'étais super bête", a-t-il déclaré. Souffrant d'un fort asthme, il a affirmé avoir obtenu "une dizaine de certificats médicaux de Daesh (le) déclarant inapte" au combat. 

Il a indiqué au juge avoir été "aide-soignant" à Minbej, dans le nord syrien, puis "geôlier" dans l'un des très redoutés tribunaux de Daesh, qui ordonnaient régulièrement châtiments corporels et exécutions sommaires.

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