La jeunesse arabe de plus en plus attirée par l'athéisme

Au Maghreb et au Moyen-Orient, 18% des moins de 30 ans se détournent de la religion. Au Maghreb et au Moyen-Orient, 18% des moins de 30 ans se détournent de la religion. [Mahmoud KHALED / AFP]

Une enquête d'opinion conduite par la BBC britannique révèle que de plus en plus d'habitants du Moyen-Orient et du Maghreb tournent le dos à la religion.

Pour réaliser cette enquête, parue dimanche, l'organisme indépendant Arab Barometer a interrogé, entre fin 2018 et le printemps 2019, près de 25 000 personnes dans dix pays du monde arabe (Algérie, Égypte, Irak, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Soudan, Tunisie, Yémen) et dans les territoires palestiniens. D'après le média britannique, c'est d'ailleurs la plus vaste étude d'opinion jamais menée dans la région. 

L'enquête, relayée dans le Courrier international, révèle ainsi que l'athéisme progresse significativement, dans une large majorité des pays étudiés. Selon les chiffres, les personnes se disant non-religieuses sont passées de 8% en 2013 à 13% aujourd'hui. C'est surtout chez les jeunes, les moins de 30 ans, que l'augmentation est la plus importante, soit 18% d'entre eux.

Cette évolution est particulièrement perceptible au Maghreb. 31% des Tunisiens se définissent comme non religieux - contre seulement 16% en 2013 - presque la moitié (46%) parmi les 18-29 ans. 

La Libye, enlisée dans un conflit depuis 2011, a également connu une chute brutale de la religiosité. Le nombre de personnes s'identifiant comme non religieuses (25%) a plus que doublé depuis 2014 (11%). Ce chiffre est de 36% chez les 18-29 ans.

Parmi les autres pays étudiés, seul le Yémen a connu une augmentation du sentiment religieux depuis 2013.

Un tiers des habitants du monde arabe pense à émigrer

Cette vaste enquête a également permis de dégager des chiffres sur un large éventail de questions, allant des droits des femmes à l'immigration, en passant par l'homosexualité. 

Par exemple, la plupart des sondés se disent favorable à ce qu'une femme accède à des postes de direction, comme devenir Premier ministre ou présidente d'un pays islamique. Les trois quarts des participants à l'enquête au Liban ont déclaré que les femmes devraient jouir de ce droit.

L'enquête suggère également que dans chacun des pays étudiés, au moins une personne sur cinq envisage d'émigrer, principalement pour des raisons économiques. En tête de ce «classement», plus de la moitié des Soudanais envisagent de quitter le pays.

En ce qui concerne l'homosexualité, le degré d'acceptation varie selon les Etats, mais reste faible dans l'ensemble de la région. Parmi les Palestiniens, 5% seulement ont déclaré qu'il était acceptable d'être gay, seulement 6% au Liban, un pays pourtant considéré plus libéral que les autres.

Enfin, chiffre plus spectaculaire : l'Irak est le seul pays de l'étude où les hommes sont plus nombreux que les femmes à déclarer avoir été victime de harcèlement sexuel (20% contre 17%). En Égypte, 42% en ont déjà été victime, tous genres confondus.

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