Brexit : Boris Johnson dévoile son «offre finale» à l'UE

Boris Johnson a dévoilé ce mercredi 2 octobre l'«offre finale» sur le Brexit censée éviter un «no deal», qu'il a soumise à l'Union européenne, en forme d'ultimatum. Elle consiste à remplacer le «backstop» sur l'île d'Irlande, mécanisme qui bloque jusque-là les négociations, par des arrangements alternatifs.

Concrètement, ce plan prévoit que l'Irlande du Nord reste dans la même zone douanière que la Grande-Bretagne, mais que la province britannique conserve les régulations de l'UE pendant une période de transition.

Cela doit permettre, selon Londres, d'éviter le retour de contrôles douaniers physiques à la frontière entre la province britannique de l'Irlande du Nord et la république d'Irlande, membre de l'UE, après le Brexit. Une perspective qui inquiète toujours l'Irlande, y voyant une menace pour la paix sur l'île. L'Irlande du Nord a en effet connu trois décennies de guerre civile, entre la fin des années 1960 et la fin des années 1990, qui s'est achevée avec la signature en 1998 de l'accord du Vendredi Saint, permettant notamment aux habitants de circuler librement entre le Nord et le Sud.

Selon Boris Johnson, qui s'est exprimé mercredi midi devant le congrès de son Parti conservateur, il s'agit d'un «compromis de la part du Royaume-Uni», le Premier ministre espérant que l'UE fera «un compromis à son tour» pour un accord.

La frontière irlandaise aujourd'hui [ / AFP]

Le «no deal» comme seule alternative pour Boris Johnson

Mais si l'UE n'accepte pas les «propositions constructives et raisonnables» de Londres, Boris Johnson a de nouveau mis la pression sur Bruxelles, en déclarant que «l'alternative est le 'no deal'». Une option qui a pourtant été exclue par les parlementaires britanniques début septembre, qui ont voté une loi anti-«no deal». «Ce n'est pas le résultat que nous voulons et que nous cherchons», a-t-il affirmé. Mais «nous sommes prêts», a-t-il ajouté, réaffirmant que le Royaume-Uni sortira de l'UE le 31 octobre, soit dans 29 jours, «quoi qu'il arrive». 

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui s'est entretenu avec Boris Johnson en fin d'après-midi par téléphone, a «reconnu les avancées positives» des propositions de Londres, mais a jugé qu'elle comportaient «encore quelques points problématiques», selon un communiqué publié par ses services. «Des réunions entre les équipes de négociation de l'UE et du Royaume-Uni auront lieu à Bruxelles dans les prochains jours», précise le texte. Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, a tenu des propos similaire, saluant des «progrès», tout en reconnaissant que «beaucoup de travail reste encore à faire». La chancelière allemande Angela Merkel a quant à elle prévenu que les pays européens devaient rester «unis» face au nouveau «compromis» proposé par les Britanniques.

Au Royaume-Uni, le petit parti unioniste nord-irlandais du DUP, qui était comme Boris Johnson opposé au «backstop», a apporté son soutien à l'accord proposé par le Premier ministre. Mais pas le parti travailliste, principale formation d'opposition, son leader Jeremy Corbyn ayant déclaré que ce plan n'était «pas acceptable». Ni les indépendantistes écossais du SNP, ce plan ayant été «conçu pour échouer» selon leur cheffe, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon.

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