Présidentielle américaine : la bataille du financement des campagnes

La bataille de l'argent, au moins aussi importante que celle des idées aux Etats-Unis La bataille de l'argent, au moins aussi importante que celle des idées aux Etats-Unis[YURI CORTEZ / AFP]

Michael Bloomberg, Donald Trump, Joe Biden, Elizabeth Warren, Bernie Sanders... Les fortunes personnelles de tous les candidats à la présidentielle de 2020 dépassent aisément le million de dollars, si l'on en croit les chiffres avancés par Forbes. Pour autant, la fortune personnelle n'est pas l'unique moyen de financer une campagne très coûteuse.

LES FONDS RÉCOLTÉS, VRAI INDICATEUR DE RÉUSSITE ? 

Avant de se pencher sur les origines de l'argent utilisé pendant les campagnes, il est important de relativiser légèrement l'importance du budget dans une victoire finale lors d'une présidentielle aux Etats-Unis. En 2016 par exemple, Hillary Clinton a dépensé pour 1,2 milliard d'euros lors de sa défaite (le plus haut total de l'histoire en Amérique), contre 860 millions pour Donald Trump. En revanche en 2008, Barack Obama avait écrasé ses concurrents sur le terrain des donations, en récoltant plus de 700 millions de dollars, bien devant ses adversaires démocrates ou républicains.

Le trésor de guerre d'une campagne est primordial, mais c'est donc avant tout son utilisation qui fera la différence. Il n'empêche que sans un certain budget, il n'est pas possible de rémunérer des équipes sur le terrain pour tracter, contacter les votants, cibler ceux qui peuvent changer d'avis, et ainsi progresser dans les sondages. 

De plus, lors des primaires, les donations récoltées deviennent même une obligation pour être maintenu dans la course. Pour être présents au débat du 19 décembre 2019 par exemple, les candidats démocrates doivent présenter la preuve d'au moins 200.000 donateurs uniques, un seuil qui peut être particulièrement difficile à atteindre. 

Les dessous politiques de la guerre des dons

Pour être sûrs d'être capables d'avoir toutes les cartes en main, tous cherchent donc à récolter un budget maximal, si possible supérieur à leurs adversaires. Et presque tous les coups sont permis, car depuis 2010, le financement de la campagne s'est libéralisé, autorisant les dons du secteur privé sans plafond via les «super PAC». 

Ce terme désigne des comités qui peuvent récolter de l'argent de manière illimité en guise de soutien à un candidat. La seule contrepartie est la diffusion de l'identité des donateurs. Cependant, si certains en profitent largement, comme Hillary Clinton en 2016, refuser d'utiliser ce système à outrance peut devenir un argument de campagne. Ainsi, Bernie Sanders ou Elizabeth Warren assurent qu'ils n'acceptent que l'argent de petits donateurs (moins de 100 dollars), afin d'assurer qu'ils ne seront pas redevables aux lobbies une fois arrivés au pouvoir. Barack Obama avait innové en ce sens (bien qu'il acceptait également de l'argent de grands donateurs), en récoltant 234 millions de donations inférieures à 200 dollars. 

Qui sont les grands donateurs ?

Sans surprise, les grands donateurs n'investissent pas leur argent par philosophie politique, mais bien pour obtenir des contreparties en échange de leur soutien. Ainsi, parmi les secteurs qui ont donné le plus d'argent en 2016: les géants de la technologie et de la communication (62 millions pour Clinton contre 7 pour Trump selon les chiffres de OpenSecrets.org), de la santé (32 millions pour Clinton contre 4,8 millions pour Trump) ou encore des énergies (13 millions pour Jeb Bush, 4,9 millions pour Ted Cruz et enfin 2,9 pour Hillary Clinton). 

C'est justement pour éviter d'être en relation avec des entreprises multinationales de ces secteurs à la réputation souvent sulfureuse que certains candidats décident de ne pas accepter ces dons. Cette stratégie n'avait pas suffi à Bernie Sanders en 2016. Reste à savoir si lui ou Elizabeth Warren pourront renverser la vapeur grâce à celle-ci en 2020. 

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