Les Emirats arabes unis ont approuvé mercredi 9 décembre le vaccin produit par le géant pharmaceutique chinois Sinopharm, affirmant qu'il était efficace à 86 % au regard des conclusions des analyses de phase III.
Dans la course mondiale au vaccin contre le SARS-CoV-2, trois entreprises chinoises sortent du peloton au niveau mondial : CanSino, laboratoire privé mais proche de l'académie militaire de médecine, Sinovac Biotech, autre entreprise privée basée à Pékin, et Sinopharm, donc, réputé pour être le bras pharmaceutique de l'Etat chinois.
D'après les autorités de Pékin, si, officiellement, elles ont décidé d'effectuer la troisième phase des tests de Sinopharm, soit la plus avancée avant une mise sur le marché, à l'étranger, c'est parce que le Covid-19 est «presque complètement sous contrôle en Chine».
China's Covid vaccine from Sinopharm is 86% effective, UAE says https://t.co/UWveGp14nh
— CNBC (@CNBC) December 9, 2020
L'adverbe «presque» a ici toute son importance, puisque trois nouveaux cas de coronavirus ont été découverts mardi à Chendgu, s'ajoutant aux deux autres découverts la veille dans la capitale du Sichuan, ouvrant la voie à un dépistage de masse.
Pas de quoi atténuer l'enthousiasme de Pékin autour de son vaccin testé aux Emirats arabes unis qui, dès ce mercredi, ont approuvé l'utilisation d'urgence du sérum de Sinopharm afin de vacciner leurs soignants, en première ligne face à la maladie.
Et bien que les analyses détaillées n'ont pas été rendues publiques, Sinopharm a même affirmé que son vaccin montrait une efficacité pouvant aller jusqu'à 100 % dans la prévention des cas modérés et graves de Covid-19.
Des essais vaccinaux démarrés en juillet
Il n'en reste pas moins que le résultat de l'essai mené aux Emirats était très attendu. Les essais de vaccination y avaient en effet démarré dès juillet sur plusieurs milliers de personnes de 125 nationalités différentes.
Souhaitant redorer son blason, après que la pandémie soit partie de son territoire, la Chine avait cherché à renforcer son influence en multipliant les partenariats dans les régions du monde les plus touchées par le virus, dont les Emirats arabes unis.
Sinopharm, qui se prépare également à distribuer un deuxième vaccin, a déclaré qu'il pourrait produire 1 milliard de doses des deux vaccins d'ici à la fin de cette année et pourrait fournir jusqu'à 10 milliards de doses d'ici la fin de 2021. Des objectifs très ambitieux.
Pour ce faire, le groupe pharmaceutique mène actuellement des essais de phase 3 avec des partenaires locaux dans une dizaine de pays, dont Bahreïn, l'Égypte, la Jordanie, le Pérou ou encore l'Argentine.
