En froid depuis près de deux mois, les Corées du Nord et du Sud ont rétabli le contact, ce lundi 4 octobre, lors d'une conversation téléphonique. La première depuis le mois d'août. Cette reprise de la communication doit, selon Séoul, permettre d'apaiser les tensions récemment apparues entre les deux pays.
Les canaux officiels de communication militaire et politique ont été coupés une première fois par la Corée du Nord en juin 2020, lorsque le pays avait accusé des militants basés au Sud d'envoyer des tracts de propagande anti-Pyongyang sur son territoire. Les deux Corées avaient annoncé le dégel de leurs relations un an plus tard, le 27 juillet 2021, soit le jour anniversaire de la fin des hostilités de la guerre de Corée.
Mais ce répit avait été de courte durée puisque, seulement deux semaines plus tard, Pyongyang s'était agacé à la suite d'exercices militaires conjoints des Etats-Unis et de la Corée du Sud. Le pays de Kim Jong Un avait alors non seulement cessé de répondre aux appels mais aussi annoncé le tir d'un missile de croisière de longue portée, puis d'un missile présenté comme hypersonique et enfin, celui d'un missile anti-aérien, vendredi dernier.
Ce lundi, le ministère sud-coréen de l'Unification voit pourtant le «rétablissement de la ligne de communication Sud-Nord» comme «une base pour la reprise des relations inter-coréennes». Dans un communiqué, il exprime son espoir de «reprendre rapidement le dialogue». Le ministère sud-coréen de la Défense a par ailleurs indiqué que les communications militaires avait également repris entre les deux pays.
Une décision purement «symbolique» ?
De son côté, Kim Jong Un avait «exprimé son intention de rétablir les canaux de communication coupés entre le Nord et le Sud» quelques heures avant que le contact soit établi, selon l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. Cette décision était alors présentée comme une tentative d'établir une «paix durable» entre les deux Corées.
Mais le récent comportement de la Corée du Nord, qui a opéré une série de tirs d'essai de missiles, a inquiété au-delà de la péninsule. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU a notamment été demandée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. Les cinq pays membres du Conseil n'ont toutefois pas réussi à s'accorder sur un projet de déclaration, «la Russie et la Chine ayant indiqué qu'il n'était pas pertinent à ce stade», selon une source diplomatique».
Dimanche, la Corée du Nord a fustigé cette réunion, accusant les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU de jouer avec une «bombe à retardement». Aussi, malgré les bonnes intentions affichées, certains observateurs estiment que le rétablissement des canaux de communication entre les deux Corées ne pourrait être que «symbolique».
En effet, si Park Won-gon, professeur d'études nord-coréennes à l'Université féminine d'Ewha à Séoul, pense que cette initiative donnera lieu «à des discussions», il alerte néanmoins sur la possible entrée «dans une nouvelle phase où la Corée du Nord engage le dialogue, mais continue dans le même temps à mener des provocations».
![Moon Jae-In, le président sud-coréen, envisage l'interdiction de la consommation de viande de chien. [Timothy A Clary / POOL / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/moon_615746412a2fc_0.jpg?itok=WJSzSQCX)
