Après la tuerie dramatique qui a fait 21 morts dans une école primaire d'Uvalde (Texas), Joe Biden doit se rendre ce dimanche sur place pour se joindre au deuil de la communauté, selon un communiqué de la Maison Blanche.
Le contexte
C’est un véritable drame qui s’est produit et qui a causé la mort de 21 personnes, 19 enfants et 2 enseignantes. Une nouvelle tuerie par arme à feu, achetée légalement par un jeune âgé de 18 ans. Une nouvelle catastrophe qui dépeint une réalité brutale aux États-Unis. Depuis le début de l’année 2022, on recense 119 mots par jour, soit 17.194 personnes tuées par balle. Cette tuerie a provoqué un véritable séisme et mis en colère le pays, qui demande des actions contre la facilité d’accès aux armes à feu. C’est dans ce contexte houleux que Joe Biden se rendra sur les lieux du drame.
Les enjeux
Lors de son premier discours à propos de la fusillade, Joe Biden a expliqué vouloir «transformer la douleur en action». Une action qui a été promise par plusieurs présidents qui l’ont précédé sans grand succès. Cependant, face à la colère du peuple américain et eu égard aux promesses de campagne, Joe Biden se doit d'agir. Des actes face à la violence, des lois et un renforcement de la réglementation des armes à feu sont demandés par une part croissante des Américains, la tuerie d'Uvalde ayant eu l'effet d'un électrochoc, au-delà des militants traditionnels anti-armes. Néanmoins, les associations de lutte contre la violence dûe aux armes craignent un scénario souvent répétitif après une tuerie de masse. L’émotion, la colère, la promesse d’action puis un enlisement des négociations et l'impossibilité d'aboutir sur de réelles réformes significatives.
Les marges de manœuvre
Comment Joe Biden peut-il lutter contre ce fléau ? En dépit des nombreux épisodes violents que connaissent les États-Unis, le port d’arme en vigueur dans le pays est indissociable de la conception de la liberté individuelle, et du droit pour tout citoyen de pouvoir se défendre, comme indiqué dans le 2e amendement de la Constitution des Etats-Unis. Le président américain en avait fait sa priorité lors de sa campagne. Sous le mandat d’Obama, il avait déjà tenté une régulation, mais il s’est heurté au puissant lobby des armes, la National Riffle Administration (NRA) qui finance des campagnes au niveau fédéral. Malgré l’approbation de l’opinion publique sur cette question de régulation, notamment en reculant l’âge légal ou en vérifiant le passé judiciaire des acheteurs, ce deuxième amendement est à l'heure actuelle interprété selon le point de vue républicain, qui s'apparente donc au droit à l'autodéfense, et bloque ainsi toute action possible envers le port d’arme.
Une suppression complète de ce droit, et même sa limitation, est donc difficilement envisageable. «Joe Biden ne pourrait qu’envisager des mesures aux entournures qui ne changeront pas vraiment le sujet», selon Marie-Christine Bonzom spécialiste du droit américain, dans des propos rapportés par Les Echos. La marge de manœuvre est donc très mince pour le président Joe Biden.
![Le président américain Joe Biden s'est exprimé avec émotion après la fusillade dans une école au Texas. [Anna Moneymaker / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP] Le président américain Joe Biden s'est exprimé avec émotion après la fusillade dans une école au Texas](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/063_1399100012-1-taille1200_628dc186a5b9f_0.jpg?itok=DFhFFYs4)