Deux nouveaux missiles de défense aérienne ont été testés par la Corée du Nord, a annoncé l'agence officielle du régime KCNA dimanche, sur fond de tensions avec le Séoul et la veille d'une rencontre du président sud-coréen avec Donald Trump.
Pyongyang montre ses muscles. Alors que le nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung doit rencontrer Donald Trump lundi, la Corée du Nord a affirmé avoir testé deux nouveaux missiles de défense aérienne.
Les tirs d'essai ont eu lieu samedi sous la supervision du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Ces nouveaux systèmes antimissiles ont démontré une «capacité de combat supérieure», a rapporté KCNA, l'agence de presse nord-coréenne.
«Une technologie unique et spéciale»
Aucun détail n'a été donné sur ces nouvelles armes, à part le fait que «leur mode de fonctionnement et de réaction repose sur une technologie unique et spéciale».
«Le tir a notamment prouvé que les caractéristiques technologiques de deux types de projectiles sont tout à fait appropriées à la destruction de cibles aériennes diverses», a ajouté KCNA, sans préciser où ces tests avaient été menés.
«La Corée du Nord renforce ses missiles de défense aérienne contre les drones volant à basse altitude et les missiles de croisière», explique Hong Mi, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale, estimant que cela témoigne de «la prise de conscience par Pyongyang de la nécessité de renforcer ses capacités (...) sur la base des leçons tirées des combats contre les Ukrainiens».
Selon des services de renseignement sud-coréens et occidentaux, la Corée du Nord avait envoyé plus de 10.000 soldats en Russie pour appuyer son invasion de l'Ukraine, ainsi que des obus d'artillerie, des missiles et des systèmes de roquettes à longue portée.
«Provocation sérieuse»
Cette annonce intervient alors que la situation s’est tendue cette semaine en raison d’une brève incursion d’une trentaine de soldats nord-coréens ce mardi, obligeant les troupes sud-coréennes à réaliser des tirs de sommation. Ce à quoi Pyongyang a émis une mise en garde contre le risque d'une confrontation «incontrôlable».
L'incident frontalier a été révélé par la Corée du Nord au premier jour d'un déplacement à l'étranger, à Tokyo puis à Washington, du nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung qui tente de renouer le dialogue entre son pays et son voisin.
Confirmant l'incident, l'armée du Sud a précisé surveiller «de près les mouvements des troupes nord-coréennes».
Rencontre entre Donald Trump et le nouveau président de la Corée du Sud
Après une période de chaos marquée notamment par l’instauration de la loi martiale par le précédent président de la Corée du Sud Yoon Suk Yeol en décembre dernier, le nouveau président Lee Jae-myung tente de faire souffler un vent nouveau dans les relations diplomatiques avec son voisin du nord.
Le nouveau dirigeant s'est dit prêt à un dialogue sans condition préalable avec Pyongyang, qui a rejeté pour l'instant ses appels au rapprochement.
Il sera reçu lundi à la Maison Blanche par Donald Trump qui lors de son premier mandat avait rencontré à trois reprises Kim Jong Un, sans avancée majeure dans le dossier. Pyongyang n'a jamais fléchi ses programmes nucléaire et balistique militaires.