L'une des femmes de Jihad al-Shamie, le terroriste auteur de l’attentat contre une synagogue à Manchester le 2 octobre dernier a qualifié son mari d'«intimidant et agressif» mais a également affirmé qu'il ne donnait aucun signe de radicalisation.
Une radicalisation dans l'ombre ? Selon l'une des trois femmes de l'assaillant contre une synagogue de Manchester, le 2 octobre, faisant deux morts, son mari «vivait dans le mensonge avec sa religion».
Dans une interview qu'elle a accordé au Guardian, la femme du terroriste, tué par la police britannique peu après les faits, explique que son époux n'avait jamais évoqué un tel changement d'opinion religieuse : «pendant la relation, il n'a jamais parlé de cela». Leur mariage musulman avait été célébré en 2021.
Cependant, elle avoue qu'il lui arrivait d'avoir un comportement «intimidant, agressif et manipulateur» et qu'il était «collé à son téléphone», à regarder les chaînes d'information arabes, pendant de longues heures. Elle dit même : «Je ne dirais pas qu'il avait l'état d'esprit d'un terroriste d'après ce que je sais de lui, mais en même temps, je sais à quel point il était agressif et manipulateur».
«Peut-être qu'il l'a fait à cause de sa vie difficile»
Même si elle avoue que son mari l'encourageait à se rendre à la mosquée, à prier avec lui et à lire fréquemment le Coran, la femme du terroriste qualifie également Jihad al-Shamie de musulman «normal».
Le terroriste Jihad al-Shamie est arrivé enfant en Grande-Bretagne et menait une vie de plus en plus délicate ces dernières années. Il avait été arrêté pour viol présumé et vivait en liberté sous caution au moment de son attaque. Une situation qui n'est pas sans poser question, selon l'interrogée : «Est-ce qu'il était terroriste dans l'âme depuis le début ou appelait-il à l'aide ? Qui sait ? Peut-être qu'il l'a fait à cause de sa vie difficile, parce qu'il se joue de trop de gens. Apparemment, il était accusé de viol par la police. Il y a tellement de questions».
Une autre femme accuse Jihad al-Shamie de nombreux viols
«A-t-il agi ainsi parce qu'il savait que son cas allait être découvert et qu'il était en liberté sous caution pour viol ? Ou était-il simplement épuisé, car il ne pouvait plus continuer à vivre comme ça ?», poursuit celle qui semble avoir découvert de nombreuses facettes de la personnalité de son mari depuis son décès.
Une autre des femmes du terroriste va plus loin, expliquant avoir subi de nombreuses remarques agressives de la part de son mari. Après s'être montré gentil et attentionné, il était devenu «dominateur voire manipulateur», se montrant désagréable vis-à-vis d'elle et de ses enfants : «Il nous critiquait, moi et mes enfants, et nous disait : "Qui voudrait de toi et de tes bagages ?"»
Bien pire, cette deuxième femme de l'assaillant l'accuse de l'avoir violée à plusieurs reprises, mais affirme ne pas avoir signalé les faits aux autorités avant cette attaque à la synagogue. La femme a indiqué avoir désormais témoigné et donné son téléphone portable aux enquêteurs.