L'un des réacteurs de la centrale de Three Mile Island, théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire des États-Unis, s'apprête à de nouveau fonctionner quarante six ans après, grâce à Microsoft. Le géant de la Tech s'est engagé à acheter pendant vingt ans toute la production d'électricité pour alimenter ses centres de données.
Exit Three Mile Island et bienvenue au «Crane Clean Energy Center». Voilà comment Microsoft a annoncé relancer la tristement célèbre centrale nucléaire de Pennsylvanie, lieu en 1979 du plus grave accident nucléaire de l’histoire américaine.
En septembre 2024, le géant de la Tech annonçait la signature d'un accord avec le grand opérateur de centrales nucléaires aux États-Unis, Constellation energy, pour relancer le réacteur resté intact après la catastrophe. La multinationale s'est engagée à acheter pendant vingt ans toute la production d'électricité pour alimenter ses centres de données.
A partir de 2028, Microsoft achètera au fournisseur Constellation 837 mégawatts (MW) de capacité électrique, soit l’équivalent de la consommation de 800.000 foyers, précise le communiqué. Microsoft investirait alors 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros), selon le Financial Times.
La résurrection de cette centrale perchée sur une île au milieu de la rivière Susquehanna (Pennsylvanie) est un pari inédit. Aucun réacteur au rebut n'a jamais été remis en marche. Le défi est d'autant plus grand que la centrale et ses quatre tours de refroidissement n'ont guère changé depuis 1970.
Les géants de la tech à l'assaut du nucléaire
Plus largement, le projet incarne l’offensive menée par les patrons des grandes entreprises de la Tech en faveur du nucléaire, pour étancher les besoins énergétiques toujours plus grands de leurs logiciels d’IA et de leurs centres de données.
En effet, Microsoft n'est pas le seul géant de la tech à s'être lancé à l'assaut des vieux réacteurs nucléaires. En octobre 2024, Google signait un partenariat avec Kairos Power, une start-up développant des petits réacteurs nucléaires, afin de lui acheter de l’électricité à partir de 2030.
De son côté, Amazon a passé des accords avec trois sociétés développant également certains de ces petits réacteurs nucléaires, appelés SMR, tandis que Meta, le groupe derrière Facebook et Instagram, s’accordait avec Constellation Energy pour que l’énergéticien lui fournisse de l’électricité nucléaire pendant vingt ans, grâce à un réacteur de l’Illinois.
Enfin, en octobre 2025, ce même Google a annoncé avoir signé un accord avec l’énergéticien américain NextEra Energy qui prévoit la remise en service en 2029 d’une centrale nucléaire de l’Iowa, fermée depuis 2020.