Au lendemain de nouvelles manifestations massives, le gouvernement bulgare a annoncé sa démission ce jeudi. Une nouvelle impulsée par une mobilisation de la jeunesse, à trois semaines de l’entrée du pays dans la zone euro.
La jeunesse aura eu raison du gouvernement bulgare. Ce jeudi, celui-ci a annoncé sa démission au lendemain d'une nouvelle manifestation de masse pour dénoncer la corruption dans l'appareil de l'État. Mercredi soir, des dizaines de milliers de personnes s’étaient mobilisées dans la capitale Sofia et dans d’autres villes du pays, dans une nouvelle démonstration de colère.
Une vague de mécontentement, sans précédent depuis plusieurs années, marquée par la présence impressionnante de la jeunesse, qui avait commencé à la fin du mois de novembre. Après sept élections en moins de quatre ans, le fragile gouvernement de Rossen Jeliazkov avait été formé en janvier, rassemblant une coalition de circonstance entre les conservateurs du GERB de l'ancien Premier ministre Boïko Borissov et trois autres formations.
Sous la pression de la rue, il avait retiré le 3 décembre son projet de budget, qui prévoyait la hausse d'impôts et de cotisations sociales. Autant d'augmentations destinées à dissimuler des détournements de fonds, affirment les contestataires et l'opposition.
Un moment important pour le pays
La décision de Rossen Jeliazkov de jeter l'éponge intervient à un moment où ce petit pays des Balkans, le plus pauvre de l'Union européenne, s'apprête à introduire la monnaie unique le 1er janvier, ajoutant au malaise des Bulgares qui craignent une envolée des prix.
Le processus de changement de monnaie ne devrait cependant pas être affecté car les institutions directement impliquées dans le processus, «telles que la Banque nationale bulgare, sont indépendantes», a souligné auprès de l'AFP Petar Ganev, chercheur senior à l'Institut pour l'économie de marché (IME). En vertu de la Constitution bulgare, la démission du gouvernement doit être désormais avalisée par le Parlement.
Il incombe ensuite au chef de l'État de confier un mandat pour la formation d'un nouveau gouvernement dans le cadre de l'assemblée actuelle. Mais les principaux partis politiques ayant d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne comptaient pas s'allier, le président convoquera des élections extraordinaires, celles-ci devant se dérouler dans les deux mois qui suivent.