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Etats-Unis : cinq personnalités européennes, dont l'ancien commissaire Thierry Breton, interdites de séjour aux Etats-Unis par l'administration Trump

Thierry Breton a réagi aux sanctions américaines sur son compte X, dénonçant un «vent de maccarthysme». [Christophe Petit Tesson/Pool via REUTERS/File Photo]

Pour protester contre les règles de l’Union européenne sur la tech, qui imposent aux plate-formes des obligations, en particulier de signalement de contenus problématiques, l’administration Trump a annoncé des sanctions visant cinq Européens, dont le Français Thierry Breton.

Après les menaces, les Etats-Unis passent à l’acte. Ce mardi 23 décembre, l’administration de Donald Trump a prononcé des sanctions contre cinq personnalités européennes, dont l’ancien commissaire européen français Thierry Breton, désormais interdites de séjour aux Etats-Unis. 

Ces sanctions américaines ont pour but de protester contre les règles de l’Union européenne sur la tech, qui imposent aux plate-formes des régulations, comme le signalement de contenus problématiques. Cela est en réalité jugé par les Etats-Unis comme une atteinte à la liberté d’expression.

Marco Rubio fustige les régulations européennes

«Depuis trop longtemps, les idéologues européens mènent des actions concertées pour contraindre les plateformes américaines à sanctionner les opinions américaines auxquelles ils s'opposent», a fustigé le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, sur X. 

«L'administration Trump ne tolérera plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale», a-t-il ajouté, dénonçant «un complexe industriel mondial de la censure».

Concrètement, l'UE dispose, de fait, de l'arsenal juridique le plus puissant au monde pour réguler le numérique. Elle a infligé une amende de 140 millions de dollars à X, le réseau social d’Elon Musk. Une décision que les Etats-Unis ont mal pris, Marco Rubio ayant dénoncé une «attaque contre toutes les plate-formes technologiques américaines et le peuple américain par des gouvernements étrangers». 

«La censure n’est pas là où vous le pensez»

Thierry Breton a réagi aux sanctions américaines sur son compte X, dénonçant un «vent de maccarthysme», et rappelant que «90 % du Parlement européen — démocratiquement élu — et les 27 États membres à l’unanimité ont voté le DSA» (Digital Services Act). 

«À nos amis américains : "La censure n’est pas là où vous le pensez"», a ajouté l’ancien commissaire européen. 

Les quatre autres personnes sanctionnées sont des représentants d'ONG luttant contre la désinformation et la haine en ligne au Royaume-Uni et en Allemagne: Imran Ahmed, qui dirige le Center for Countering Digital Hate (CCDH), Clare Melford, à la tête d'un index de la désinformation (GDI) basé au Royaume-Uni, ainsi que Anna-Lena von Hodenberg, fondatrice de HateAid, une ONG allemande, et Josephine Ballon, de la même association.

Ces sanctions n'ont pas manqué de faire réagir. L'Union européenne les a ainsi condamnées «fermement». «Nous avons demandé des clarifications aux autorités américaines (...). Si nécessaire, nous répondront rapidement et de manière décisive pour défendre notre autonomie réglementaire contre des mesures injustifiées», a expliqué la Commission européenne dans un communiqué.

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