Un avion furtif américain a abattu mardi un drone iranien qui s'était approché d'un porte-avions américain dans la mer d'Arabie. Une menace qui ne devrait toutefois pas perturber les discussions prévues en fin de semaine entre les deux pays, selon la Maison Blanche.
Une fausse alerte ? Deux drones et deux navires armés iraniens se sont approchés mardi d’un pétrolier sous pavillon américain, d’une part, et du porte-avions Abraham Lincoln, d’autre part, déployé en mer d’Arabie après les récentes menaces interventionnistes de Donald Trump. L’un des drones a été abattu «en légitime défense» par un avion de combat américain, a annoncé la Maison Blanche, qui a précisé que l’incident ne devrait pas perturber les négociations à venir entre les deux pays.
pression sur le détroit d'ormuz
Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent entre menaces et dialogue, alors que des pays médiateurs s'efforcent de réduire les tensions. Dans ce contexte, deux incidents se sont produits mardi dans les eaux du Moyen-Orient. Un avion de combat du porte-avions Abraham Lincoln a notamment abattu «en état de légitime défense» un drone iranien, a expliqué le capitaine Tim Hawkins, du commandement américain pour la région (Centcom).
L'USS Abraham Lincoln a récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l'ennemi iranien au moment où celui-ci étouffait les manifestations et à qui il veut arracher un accord sur le nucléaire. Par ailleurs, le Centcom a également confirmé que deux bateaux armés iraniens et un drone s'étaient approchés «à grande vitesse» d'un pétrolier sous pavillon américain, le Stena Imperative, et «menaçaient de l'aborder et le saisir».
Un destroyer américain a donc porté assistance au pétrolier, avec le soutien de l'armée de l'air, et l'a escorté hors de danger, selon la même source. L'agence de presse iranienne Fars avait auparavant indiqué qu'un navire, entré «illégalement» dans le détroit d'Ormuz avait été «averti» et avait «immédiatement quitté la zone». Téhéran a récemment menacé de bloquer le détroit, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, en cas d'attaque américaine.
Efforts «très intenses» pour favoriser la diplomatie
Malgré ces incidents, les pourparlers «restent programmés pour l'instant», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, alors que ces derniers jours, les deux pays ont semblé vouloir donner une chance à la diplomatie. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour des négociations directes avec les Etats-Unis, rejetant néanmoins toutes «demandes déraisonnables».
Ces discussions pourraient «probablement» avoir lieu vendredi en Turquie, selon une source proche du dossier. «Tant la Turquie que Oman et d'autres pays de la région se sont montrés disposés à accueillir les pourparlers», a relevé le ministère iranien des Affaires étrangères, relayé par l'agence de presse iranienne Tasnim. Si le dialogue aboutit, «super». Mais dans le cas contraire, «de mauvaises choses se produiraient probablement», a prévenu le président Donald Trump.
Abbas Araghchi a multiplié mardi les consultations avec ses homologues de la région (Qatar, Turquie, Oman et Koweït). Les efforts diplomatiques se «poursuivent de manière très intense», a affirmé le Qatar. Quant à l'émissaire américain Steve Witkoff, il a rencontré à Jérusalem le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui l'a mis en garde, l'Iran ayant selon lui «prouvé de manière répétée que l'on ne pouvait pas faire confiance à ses promesses».
Négociations sur le nucléaire iranien
Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accentuées après le mouvement de contestation iranien, déclenché par des manifestations contre le coût de la vie. L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées et a pu confirmer 6.872 morts, en grande majorité des manifestants. Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.
Mardi, Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser à mettre fin à la «répression» de Téhéran, «avant de traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes». Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.
Des négociations avec les Etats-Unis s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium. Abbas Araghchi a indiqué dimanche sur CNN qu'un accord était «possible» mais dit attendre une levée des sanctions contre son pays, qui a exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.