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Frappes en Iran : armée, missiles, nucléaire... Ce que l'on sait de l'arsenal détenu par Téhéran

L’Iran disposerait d’une variété de missiles balistiques qui ont une portée de 300 à 3.000 kilomètres. [ARMY OFFICE / AFP]

Ce samedi 28 février, Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient lancé, ce jour, des «opérations de combats majeures» contre l’Iran, dans le but d’éliminer «des menaces imminentes venues du régime iranien». Cela pourrait en réalité pousser Téhéran à riposter. Ainsi, une question se pose : quelles sont les capacités militaires dont dispose l'Iran ? État des lieux de son arsenal. 

Une situation extrêmement tendue. Les États-Unis et Israël ont lancé, ce samedi 28 février, des frappes contre l’Iran, visant notamment «des dizaines d’objectifs militaires», a indiqué l’armée israélienne. Plus tôt dans la matinée, le président américain Donald Trump avait pris la parole, afin d’annoncer «des opérations de combat majeures» contre Téhéran. 

«Nous allons détruire leurs missiles et raser leur industrie de missiles», a dit le président américain dans un message vidéo diffusé sur sa plate-forme Truth social, ajoutant que «notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant des menaces imminentes venues du régime iranien». Néanmoins, cette opération militaire américaine de grande ampleur pourrait mener à une riposte iranienne.  

Ainsi, une question reste en suspens, quelles sont les réelles capacités de l'armée iranienne ? Ces dernières années, la puissance militaire du pays s’est considérablement renforcée, avec en point d’orgue, une potentielle force de dissuasion nucléaire dont l’avancement reste flou. 

Armée régulière et Gardiens de la révolution 

Les forces armées de la république islamique d'Iran se composent de deux groupes distincts : l’Artesh, armée régulière de l'État, principalement chargée de la défense des frontières, de la défense anti-aérienne et de la protection maritime ; et les Gardiens de la Révolution, ou «Pasdarans», une armée parallèle et idéologique du régime, qui fait partie intégrante non seulement de l'appareil de défense du pays, mais, au-delà, du système de gouvernement instauré par les mollahs. 

Dans le détail, l'armée iranienne est composée de quatre branches : l'armée de terre, les forces aériennes, la marine et les forces spéciales, pour un effectif d’environ 415.000 militaires et 350.000 réservistes. L’armée régulière est doublée par la force des Pasdarans, qui dispose de 300.000 hommes répartis dans une vingtaine de grandes formations, dont des unités terrestres, aériennes (notamment parachutistes) et navales, ainsi que dans les forces al-Qods (Forces spéciales), bras armé des interventions non conventionnelles de l'Iran en dehors de son territoire.  

Au total, l'Iran dispose donc d'environ 715.000 soldats, dont une partie reste toutefois cantonnée à des fonctions plus politiques que militaires, ce qui fait de l'armée iranienne la septième plus importante au monde. En 2016, le budget militaire de l'Iran s'élevait ainsi à 15,9 milliards de dollars, soit entre 2,5 et 3% de son PIB. Un montant proche de celui de certains de ses voisins, comme la Turquie ou le Pakistan, mais très éloigné de l'Arabie saoudite (plus de 60 milliards de dollars, soit environ 8% de son PIB), et inférieur à Israël (environ 20 milliards de dollars), qui demeure un plus petit pays, loin des 89 millions d'habitants de l'Iran. 

Un arsenal militaire vieillissant  

Fort des transferts de technologie dont il a bénéficié auprès de ses partenaires, comme la Russie, la Chine ou la Corée du Nord, le régime actuel a mis en place une industrie d'armement nationale, et s'avère en mesure de produire en quantité des équipements simples - munitions, armes légères comme des fusils d'assaut et des mortiers, ou encore des véhicules non blindés. Des équipements réputés produits par l'Iran lui-même sont ainsi exportés vers ses alliés, le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. Toutefois, selon les spécialistes, il s'agit le plus souvent d’armes qui peuvent paraître obsolètes au regard des équipements qui arment les plus puissantes armées au monde. 

Selon des données de 2016, l’armée iranienne dispose de plus de 330 avions de combats, dont certains datent de l’époque du Shah, mais aussi de trois sous-marins, ainsi que plusieurs frégates et une cinquantaine de patrouilleurs et vedettes qui sont destinés à des opérations de sécurité côtières. Plusieurs des experts auditionnés par le Sénat en 2015 ont toutefois souscrit à l'estimation d'une capacité de résistance de cette flotte limitée à quelques jours, voire quelques heures, en cas d'attaque, notamment, par la flotte américaine basée à Bahreïn

Drones et missiles 

Si l’arsenal militaire iranien ne semble pas au niveau des plus grandes armées, l’Iran possède en revanche l’un des meilleurs systèmes du monde en matière de défense aérienne du territoire, avec notamment le radar russe «Rezonans» et les systèmes de défense «Avtobaza», ainsi qu'un très grand nombre de radars classiques russes et chinois. Après la guerre avec l'Irak dans les années 1980, l'armée iranienne a bénéficié dans les deux décennies suivantes d'un effort d'investissement important en faveur de sa modernisation, notamment financé par la rente pétrolière du pays. L'Iran détient en effet 10% des réserves pétrolières de la planète et 18% des réserves de gaz naturel. 

Par ailleurs, l’Iran a développé une gamme de missiles balistiques et de drones dans le cadre d’un programme national. Si leur nombre exact est inconnu, l’agence de presse officielle ISNA, en Iran, a publié un graphique montrant plusieurs missiles iraniens susceptibles, selon elle, d’arriver jusqu’en Israël. Parmi eux, le «Sejil» qui serait capable de voler à plus de 17.000 km/h, avec une portée de 2.500 kilomètres ; le «Kheibar», avec une portée de 2.000 kilomètres et le «Haj Qassem», avec une portée de 1.400 kilomètres, baptisé ainsi en hommage au commandant des Forces spéciales, Qassem Soleimani, tué par une frappe aérienne américaine en 2020 à Bagdad.

À la suite des attaques israéliennes sur le pays en juin 2025, l'Iran s'est également doté de nouveaux «drones stratégiques», dont le général Amir Hatami a ordonné le déploiement à la suite des menaces américaines : les régiments de combat ont été dotés de «1.000 drones stratégiques» fabriqués par «l'armée en coopération avec le ministère de la Défense, conformément aux nouvelles menaces et aux enseignements tirés de la guerre de 12 jours».

Au total, l’Iran disposerait donc d’une variété de missiles balistiques qui ont une portée de 300 à 3.000 kilomètres. Côté drones, l’Iran, qui s’est spécialisé dans leur fabrication, a fait savoir au mois d’août 2024, que des drones avancés (le Mohajer-10) d’une portée opérationnelle de 200 kilomètres, capables de voler avec une charge allant jusqu’à 300 kilogrammes, ont été produits par le pays.

Enfin, au mois de juin 2024, le pays a présenté ce qui serait le tout premier missile hypersonique fabriqué au sein de la république islamique, selon l’IRNA. Les missiles hypersoniques peuvent voler cinq fois plus rapidement que la vitesse du son, sur une trajectoire complexe, ce qui les rend difficiles à intercepter. La république islamique dispose aussi de missiles de croisière comme le «Kh-55», une arme à capacité nucléaire qui aurait une portée de 3.000 kilomètres et le missile anti-navire «Khalid Farzh», qui serait susceptible de transporter des ogives allant jusqu’à une tonne.

Programme nucléaire 

En plus de son arsenal militaire, c’est surtout le potentiel arsenal nucléaire iranien qui inquiète les Occidentaux. Selon les spécialistes auditionnés par le Sénat, il est très difficile d'apprécier jusqu'à quel degré d'approche de l'arme atomique le pays a pu parvenir. Si Téhéran a toujours affirmé que ses activités sont pacifiques et nié vouloir fabriquer une bombe atomique, l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) a rapporté en 2019 que l’Iran a successivement dépassé la limite autorisée pour son stock d’uranium faiblement enrichi, et le taux d’enrichissement autorisé par l’accord sur le nucléaire iranien.

Selon l’AIEA, l’Iran accumule désormais de l’uranium enrichi jusqu’à 60% et a démarré la production d’uranium métal, deux activités qui constituent des étapes clé du développement d’une arme nucléaire et ne sont justifiées par aucun besoin civil crédible. En parallèle, l’Iran a substantiellement réduit les accès de l’Agence internationale de l’énergie atomique à partir du 23 février 2021, en cessant d’appliquer les mesures de vérification et de suivi prévues par l'accord. 

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