Les pays du Moyen-Orient devraient connaître une contraction de leur économie en 2026. 2027, en revanche, s’annoncerait plus clémente... Même si la guerre représente le facteur le plus déterminant de cette prévision.
Comment les pays du Moyen-Orient vont-ils s’en sortir économiquement en 2026 ? Le Fonds monétaire international (FMI) a dévoilé mardi dernier les dernières perspectives de l’économie mondiale. À partir de ces données, Statista s’est penchée sur les résultats de huit pays du Moyen-Orient. Sans surprise, ces États subissent «l’impact le plus direct du conflit» selon le FMI. Les offensives israélo-américaines contre l’Iran, lancées le 28 février dernier, ainsi que les ripostes iraniennes ont détruit de nombreuses infrastructures, dont des raffineries pétrolières, des complexes gaziers et des usines pétrochimiques. Le blocage du détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle pour les exportations d'hydrocarbures, prive également les monarchies de la région de revenus essentiels.
2026 : Des prévisions économiques alarmantes pour le Moyen-Orient
Le FMI a revu fortement à la baisse ses prévisions de croissance pour la région du Moyen-Orient en 2026. Publiée en janvier, la première estimation tablait sur une augmentation de 3,9 %. Désormais, l’institution anticipe une croissance de 1,1 %. Le Fonds monétaire international a néanmoins précisé que les ralentissements dans cette région pouvaient varier «selon l'ampleur des dégâts subis par les infrastructures énergétiques et de transport, ainsi que le degré de dépendance au détroit d'Ormuz et la disponibilité de routes d'exportation alternatives».
D’après les données fournies, le coup de frein devrait donc être «plus prononcé pour Bahreïn, l'Iran, l'Irak, le Koweït et le Qatar, et moins significatif pour Oman, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis».

Les semaines de bombardements intensifs sur l’Iran devraient engendrer une contraction de son économie de 6,1 % cette année. Le Qatar, subit lui aussi une forte dégradation économique en raison de la destruction partielle de son premier site de production de gaz naturel. Son activité économique est attendue en baisse de 8,6 % en 2026. Le PIB irakien devrait, lui, reculer de 6,8 % cette année.
Contrairement à la situation de ces trois pays, l’Arabie saoudite devrait mieux résister. Premier exportateur de pétrole brut au monde, le royaume résiste mieux grâce à son accès à la mer Rouge, lui permettant de contourner le détroit d'Ormuz. La croissance de la plus grande économie de la région est attendue à +3,1 % en 2026, contre +4,5 % anticipés auparavant.
2027 : Les pays de la région pourraient sortir la tête de l’eau
À rebours de 2026, 2027 s’annonce plus favorable pour l’économie du Moyen-Orient. Un rebond se profile dans l’ensemble de la région, «en partant de l'hypothèse que la production et le transport d'énergie se normaliseront au cours des prochains mois», estime le FMI. Le Qatar en est l’exemple le plus marquant. Sa prévision de croissance économique pour 2027 est totalement opposée à celle de 2026. Le FMI projette une progression de +8,6 % en 2027 contre une contraction de 8,6 % en 2026. Toutefois, il ne s’agit que de prévisions, ce scénario optimiste pourrait être revu «si la durée du conflit se prolonge et si l'ampleur des dommages subis est réévaluée».