À Londres, un incendie criminel a visé un ancien local d’une organisation juive. Sans faire de blessés, l’acte s’inscrit dans une série d’incidents récents. L’enquête, confiée à l’antiterrorisme, examine d’éventuels liens, tandis que l’inquiétude grandit.
La police antiterroriste britannique enquête sur un incendie criminel ayant visé, vendredi soir, un local du nord-ouest de Londres où était auparavant installée une organisation caritative juive, a-t-elle indiqué samedi. Cet incident intervient dans un contexte de faits similaires survenus ces dernières semaines.
Trois bouteilles remplies de liquide
Le feu a été déclenché devant une vitrine portant l’inscription «Jewish Futures», nom d’une organisation communautaire qui n’occupe plus les lieux. «La devanture a subi des dégâts mineurs et aucun blessé n’est à déplorer», a précisé la police dans un communiqué.
Selon la Metropolitan Police, un homme «a été vu s’approcher de magasins avec un sac en plastique contenant (...) trois bouteilles remplies de liquide». «Il a posé le sac près du bâtiment et y a mis le feu. Les bouteilles n’ont pas pris feu complètement et l’homme s’est enfui», a-t-elle ajouté.
Bien que l’affaire ne soit pas, à ce stade, qualifiée d’acte terroriste, elle est traitée par la brigade antiterroriste en raison de similitudes avec d’autres incidents récents dans le nord-ouest de la capitale, qui suscitent une vive inquiétude au sein de la communauté juive.
Le groupe Hayi revendique plusieurs attaques
Dans la nuit du 23 mars, quatre ambulances de l’organisation juive Hatzola, qui assure un service d’urgence bénévole, avaient été incendiées. Quelques jours plus tard, une tentative d’incendie a visé une synagogue à Finchley. Par ailleurs, mercredi soir, la chaîne en langue persane Iran International, considérée comme une organisation terroriste par Téhéran, a été la cible d’un autre incident : un objet enflammé a été lancé sur son parking.
Ces événements, qui n’ont fait aucun blessé, ont conduit à plusieurs inculpations. Le groupe «Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya» (Hayi), dont le nom signifie «Mouvement des compagnons de la main droite de l’islam», a revendiqué ces attaques, selon SITE Intelligence Group.
Toutefois, la commandante Helen Flanagan, de la police antiterroriste londonienne, a souligné que l’incendie de vendredi «n’est à ce stade (...) pas relié aux autres incidents survenus dans le nord-ouest de Londres». «Toutefois, les agents de la lutte antiterroriste mènent l’enquête en raison des similitudes entre ces différentes attaques», a-t-elle précisé.
Le commissaire Luke Williams, responsable du secteur, a affirmé «comprendre l’inquiétude» des responsables communautaires. «Je sais que ce dernier incident ne fera qu’alimenter les craintes», a-t-il déclaré, en annonçant un renforcement des patrouilles de police.