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Guerre en Iran : quel avenir pour le conflit alors que le cessez-le-feu décrété entre les États-Unis et Téhéran expire ce mercredi ?

Le président des États-Unis et son ministre de la Défense, Pete Hegseth, doivent envoyer une délégation à Islamabad au Pakistan pour négocier la fin du conflit avec l'Iran. [ REUTERS/Kevin Lamarque]

À quelques heures de l'expiration du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, l'incertitude demeure totale sur la reprise des négociations pour la paix entre les deux belligérants, sur fond de tensions accrues dans le détroit d'Ormuz, enjeu majeur du conflit.

C’est un conflit dont on ne voit pas l’issue : après bientôt deux mois d’une guerre quasi à sens unique, où les États-Unis et Israël ont infligé des dégâts considérables à l’Iran, le régime ne rompt pas. Très affaibli, il tient notamment grâce au blocage du détroit d’Ormuz, dont les conséquences pèsent extrêmement lourd sur l’économie mondiale. Alors que les deux semaines de cessez-le-feu octroyées par Donald Trump s’achèvent ce mercredi, aucune solution de paix durable ne semble se dessiner, malgré une réunion décisive prévue ce jour à Islamabad (Pakistan).

Une délégation américaine décollera «bientôt» pour le pays en vue de discussions avec l'Iran, avait confirmé Washington lundi, tandis que Téhéran laisse planer le mystère sur sa participation. Il y a pourtant urgence alors que le cessez-le-feu, entré en vigueur le 8 avril en Iran après plus d'un mois de frappes tous azimuts dans la région, expire en théorie dans la nuit de ce mardi à mercredi, heure de Téhéran. L'ultimatum expire «mercredi soir, heure de Washington», a confirmé Donald Trump à l'agence Bloomberg, jugeant «très improbable» l'extension de la trêve.

L'Iran n'a pas «à ce stade» de «projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n'a été arrêtée à ce sujet», a fait savoir le chef de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, mettant en doute «le sérieux» des États-Unis dans le processus diplomatique. Il a ajouté que la récente saisie d'un cargo iranien par les États-Unis dans le golfe d'Oman, leur blocus naval de tous les ports iraniens et les retards dans la mise en œuvre du cessez-le-feu au Liban, acté seulement vendredi, constituaient autant de «violations manifestes du cessez-le-feu».

Ormuz, enjeu majeur 

Lundi, les cours du pétrole étaient en forte hausse après le regain des tensions dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, devenu un enjeu majeur du conflit. Le détroit «doit rester ouvert», a insisté le président chinois Xi Jinping lors d'une conversation téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Xi Jinping, cité par un média d'État, a également appelé à «un cessez-le-feu immédiat et global».

Selon plusieurs médias iraniens, une levée du blocus naval américain constituerait une condition préalable aux discussions avec Washington. Une question rendue plus compliquée encore par l'annonce, dimanche, de la saisie par la marine américaine du cargo Touska, battant pavillon iranien, à laquelle Téhéran a promis de «riposter bientôt». Face au maintien du blocus américain, l'Iran avait annoncé samedi reprendre «le strict contrôle» du détroit, revenant sur sa décision de le rouvrir.

Islamabad sous haute sécurité

Dans l'attente d'une confirmation de la tenue des pourparlers, la sécurité a été renforcée dimanche à Islamabad avec la multiplication de routes fermées, de barbelés et de barricades. La délégation américaine doit être menée par le vice-président JD Vance, déjà présent le 11 avril pour de premières discussions à un niveau inédit depuis l'avènement de la République islamique en 1979, celles-ci s'étant conclues par un échec.

En annonçant cette nouvelle session au Pakistan, Donald Trump a affirmé offrir à l'Iran un «deal raisonnable» et qu'en cas de refus, «les États-Unis détruiraient toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran». Si les revendications américaines ne sont pas satisfaites, «beaucoup de bombes exploseront», a confirmé le président américain, après avoir menacé plus tôt en avril d'anéantir «une civilisation entière».  

Outre les questions relatives au détroit d'Ormuz, les divergences restent fortes, notamment sur le volet nucléaire, au coeur du différend. Selon Donald Trump, l'Iran a accepté de remettre son uranium hautement enrichi, un enjeu crucial, ce qu'a de nouveau démenti Téhéran lundi. L'Iran, qui nie vouloir se doter de la bombe atomique, défend de son côté son droit au nucléaire civil.

Au Liban, l'autre front de la guerre, la situation demeure très instable malgré un cessez-le-feu de 10 jours entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, que les deux parties se sont accusées de violer. Un député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a affirmé lundi que le mouvement briserait «la ligne jaune» établie dans le sud du pays par Israël et assuré que «nul, au Liban ou à l'étranger», ne pourrait désarmer le Hezbollah.

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