L'écrivain Kamel Daoud a annoncé ce mercredi sur X avoir été condamné par les tribunaux algériens à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende pour son roman Houris (Gallimard, 2024).
Les tribunaux algériens ont condamné l'écrivain Kamel Daoud à trois ans de prison ferme et cinq millions de dinars ce mercredi. Pour rappel, il était poursuivi pour son roman baptisé «Houris».
Fait unique dans l’histoire algérienne : le verdict du procès du 7 avril 2026 est tombé le 21 avril courant.
Je suis condamné à trois ans de prison ferme et à cinq millions de dinars algériens d’amende, en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. pic.twitter.com/oySQCNFgGI— kamel DAOUD (@daoud_kamel) April 22, 2026
En novembre 2024, un tribunal algérien avait accepté une première plainte contre l'écrivain et son épouse psychiatre pour avoir dévoilé et utilisé l'histoire d'une patiente pour l'écriture de son roman.
Deux recours avaient alors été déposés contre Kamel Daoud et son épouse qui a soigné Saâda Arbane, rescapée d'un massacre pendant la décennie noire de guerre civile en Algérie.
«Houris», qui désigne dans la foi musulmane les jeunes filles promises au paradis, est un roman sombre se déroulant en partie à Oran sur le destin d'Aube, jeune femme muette depuis qu'un islamiste lui a tranché la gorge le 31 décembre 1999.
Un mandat d'arrêt
Le roman ne peut pas être édité en Algérie car il tombe sous le coup d'une loi interdisant tout ouvrage sur la décennie noire entre 1992 et 2002, qui a fait au moins 200.000 morts, selon des chiffres officiels.
Kamel Daoud est en outre visé par deux mandats d'arrêt internationaux émis par l'Algérie en mai 2025. Le roman fait également l'objet d'une procédure devant la justice française pour non-respect de la vie privée.