Pour Patrick Bouet, président de l'Ordre des médecins, les soignants engagés dans la lutte contre le coronavirus au printemps dernier ont réalisé un «miracle» dont les leçons n'ont pas été tirées. Dans un entretien au Journal du Dimanche il s'alarme : «la deuxième vague arrive plus vite que nous le redoutions».
Face à la recrudescence des contaminations en France, ce médecin généraliste estime que le ministre de la Santé, Olivier Véran, ne va pas assez loin dans ses recommandations aux Français. «Il n'a pas dit que, si rien ne change, dans trois à quatre semaines, la France va devoir affronter, pendant plusieurs longs mois d'automne et d'hiver, une épidémie généralisée sur tout son territoire», insiste-t-il.
#Covid19 "Si rien ne change, dans 3 à 4 semaines, la France va devoir affronter une épidémie généralisée sur tout son territoire, sans base arrière ni renforts humains, avec un système de santé incapable de répondre à toutes les sollicitations." @BouetP dans @LeJDD ⤵ https://t.co/ShakUnVwoK
— Ordre des Médecins (@ordre_medecins) September 27, 2020
Patrick Bouet déplore que la période d'accalmie n'ait pas été mise à profit pour «faire le bilan de la première période». Il aurait fallu selon lui «mettre en oeuvre un processus de retour d'expérience» en organisant «des réunions au ministère de la Santé avec tous les acteurs de la crise». Mais ça n'a pas été fait et le médecin redoute à présent une nouvelle phase de l'épidémie à laquelle les soignants «épuisés» voire «traumatisés» ne pourront pas faire face.
Prédisant l'«épreuve» à venir, le président de l'Ordre des médecins craint ainsi que le pays n'ait pas de «base arrière dans laquelle puiser des renforts humains, avec un système de santé incapable de répondre à toutes les sollicitations». Pour éviter un emballement incontrôlable de l'épidémie et l'engorgement des services hospitaliers, Patrick Bouet préconise une véritable coopération entre l'hôpital et la médecine de ville.
Pour qu'elle soit effective, il est urgent de l'établir dans le «concret», en créant le pendant pratique du conseil scientifique. Le médecin généraliste imagine un comité «centré sur l'organisation, la logistique» et qui serait décliné «au niveau de chaque département». Convaincu qu'une deuxième bataille se profile, Patrick Bouet veut faire en sorte que la France ne soit pas sans défense face au coronavirus.
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