Hollywood a succombé au charme de Jacob Elordi. Après «Frankenstein» et sa nomination aux Oscars, l'acteur de 28 ans est à l'affiche ce mercredi du très attendu «Hurlevent», avec Margot Robbie.
Il y a Timothée Chalamet, Austin Butler et Paul Mescal. Mais il y a aussi et surtout Jacob Elordi, l'une des étoiles montantes d'Hollywood qui prouve que l'on peut être un homme sexy et un interprète crédible. Avant de savoir s'il remportera en mars prochain l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour «Frankenstein» de Guillermo del Toro, l'acteur de 28 ans est à l'affiche, ce mercredi 11 février, de l'adaptation ciné des «Hauts de Hurlevent» d'Emerald Fennell. Dans cette version pop gothique, un brin sulfureuse et audacieuse, il retrouve la réalisatrice trois ans après «Saltburn», et incarne Heathcliff, l'amoureux fou de Cathy, jouée par Margot Robbie. Avec ce rôle, il confirme son statut de coqueluche du cinéma hollywoodien.
Originaire de Brisbane, en Australie, culminant à 1,97 mètre, le comédien venait à peine de quitter les bancs du lycée quand il a décroché le rôle de Noah Flynn dans le film «The Kissing Booth», lancé sur Netflix en 2018. Un long-métrage vu par des dizaines de millions de téléspectateurs et qui lui vaudra de devenir une célébrité du jour au lendemain.
Dans un portait réalisé par le site britannique de GQ en août 2022, Jacob Elordi avait confié le choc ressenti au moment de découvrir que des millions de fans s'étaient mis à le suivre sur son compte Instagram dans la foulée de la diffusion. «J’ai dû passer en revue et effacer mes photos du lycée parce que c’était le compte Instagram que j’utilisais dans ma vie personnelle. J’aimerais que les gens comprennent à quel point cela a été un énorme bouleversement», expliquait-il à l'époque. Entre le moment où le tournage de «Kissing Booth» en Afrique du Sud s’est terminé en 2017, et le lancement du film sur Netflix, Jacob Elordi est parti s’installer à Los Angeles dans l’espoir de lancer sa carrière. Sans succès.
La révélation «Euphoria»
Hébergé chez un ami ou dormant dans sa voiture, le jeune homme était à deux doigts de rebrousser chemin vers l’Australie au moment de passer l’audition pour la série «Euphoria». «Je n’obtenais aucun rôle. Je crois que j’avais, je ne sais pas, 400 ou 800 dollars sur mon compte en banque, et 'Euphoria' était ma dernière audition avant que je ne sois contraint de rentrer à la maison pour gagner un peu d’argent et récupérer», a-t-il avoué. Il finira par obtenir l'un des rôles principaux de la série, celui de Nate Jacobs, un garçon à la masculinité toxique collant parfaitement à la galerie de personnages présents dans la fiction pilotée par Sam Levinson.

La première saison d’«Euphoria» a été lancée en 2019, juste avant la pandémie de coronavirus, et le confinement qui a suivi. La série a été acclamée à la fois par la critique et le public. Et Jacob Elordi a été l'un des principaux bénéficiaires de ce succès international grâce à ce rôle d’antihéros d’une rare complexité.
Jacob Elordi a confié avoir adoré travailler avec Sam Levinson, qui a la réputation d’imposer de longues journées de tournage à ses équipes et aux comédiens, en raison de l’exigence qu’il demande pour chaque scène, où il peut enchaîner plus de trente prises. Car l'acteur n'aspire qu'à une seule chose : être reconnu pour son talent d’interprète, et non pour son physique. Ce beau gosse talentueux reste un grand fan de Marlon Brando et Laurence Olivier, mais aussi de Heath Ledger et Chistian Bale. Il a également déclaré que son coup de cœur chez les célébrités n'était autre que Brad Pitt, en raison de la performance de la star dans le film «Troie».
Une passion développée dès l’enfance
Jacob Elordi a commencé à se passionner pour l’art dramatique à l’âge de 12 ans. Il était également un joueur de rugby confirmé. Un sport qu’il a été contraint d’arrêter après une blessure au dos dont il ressent encore les effets à ce jour. Ces deux activités ont eu le mérite de le mettre face aux préjugés des personnes extérieures. Et plus particulièrement sur l’idée de la masculinité.
«Dès que j’ai commencé à jouer la comédie, on m’a qualifié d’homosexuel. Mais je débordais de confiance en moi parce que je pouvais faire les deux. J’étais bon en sport, et je me débrouillais bien au théâtre. J’ai senti que j’étais au-dessus de tout ça, ou plus mature à ce propos. Je me suis senti mieux avisé. Je ne me suis jamais inquiété du fait que les autres pensent que je n’étais pas un vrai mec. Et aussi, j’adorais jouer la comédie avec les filles de l’école. Je passais mes week-ends avec les plus belles filles de l’école, en lisant les textes les plus romantiques jamais écrits», a-t-il rappelé.
Loin de se laisser décourager par les moqueries de quelques-uns, Jacob Elordi a savouré le moment où il s’est vu confier le rôle d’Oberon, le Roi des fées dans la pièce de Shakespeare «Le songe d’une nuit d’été». «Je me suis dit que si je devais être le roi des fées, j’allais devenir le plus sexy roi des fées que vous n’avez jamais vu. (...) Cela m’a poussé à rechercher ces rôles. J’ai accepté ma part de féminité. J’ai commencé à parler avec mes mains. J’ai vraiment commencé à aimer le jeu d’acteur», a précisé l'Australien.
sa mère reste sa première fan
Pour Jacob Elordi, incarner le personnage de Nate Jacobs dans «Euphoria» équivalait donc à prendre le contre-pied total de ce qu’il avait vécu durant son adolescence. Une adolescence pendant laquelle il a toujours pu compter par ailleurs sur le soutien indéfectible de ses parents. Il s’entend en effet très bien avec son père, John, un peintre en bâtiment qui a construit de ses mains la maison dans laquelle il a grandi durant son enfance.
Et, à l'instar de Leonardo DiCaprio, il est extrêmement proche de sa mère, Melissa, qu'il emmènera avec lui à la cérémonie des Oscars le 15 mars prochain. «Je le lui ai promis à 15 ans, alors je me dois de tenir parole. Elle a toujours cru en moi», a-t-il raconté récemment sur le plateau du «Jimmy Kimmel Live !». A noter qu'à l'adolescence, cette même maman lui avait conseillé de tenter une carrière dans le mannequinat. Mais la grande taille du fiston ne lui a pas permis de percer. «J’en suis très heureux. Je pense que j’aurais été misérable en évoluant dans ce milieu», lâchait Jacob Elordi au site Men’s Health en décembre 2021.

En 2023, les spectateurs ont pu le retrouver dans la peau d’Elvis Presley dans le film «Priscilla» de Sofia Coppola. Une personnalité que le jeune homme ne connaissait pas vraiment avant d’hériter du rôle. À travers ses recherches personnelles, Jacob Elordi a été marqué par le rapport de la star avec la célébrité, et l’attention permanente à laquelle il était confronté. «Il parlait à la presse, il était tout à fait agréable, mais on peut voir dans ses yeux qu’il était épuisé», expliquait-il à GQ à propos d’une interview d’Elvis qu’il a regardée pour la préparation du film.
En 2024, Jacob Elordi a été à l'affiche du film «Oh, Canada», l’adaptation du dernier livre de l’auteur américain Russell Banks, décédé en janvier 2023. Présenté en compétition au Festival de Cannes, le long-métrage a été réalisé par Paul Schrader, lequel s'est également entouré de Richard Gere - qui avait collaboré avec lui sur «American Gigolo» (1980) - et d'Uma Thurman. L'année suivante, le beau gosse d'Hollywood a donné la réplique à Daisy Edgar-Jones dans le drame «Les indomptés».
Le rapport complexe à la célébrité
Jacob Elordi ne cache pas sa peur de se perdre dans le raz-de-marée imposé par la célébrité, l’attention permanente autour de lui, et l’incessante volonté d’épier le moindre de ses faits et gestes. Après «The Kissing Booth», il avait songé mettre un terme à sa carrière d’acteur : «Je suis sensible. Je déteste être un personnage pour le public. Je me sens tellement mal par rapport à moi-même».
Le comédien n'a pas hésité à demander conseil à Ben Affleck sur le tournage du film «Eaux profondes» concernant les pièges de la célébrité à éviter. Il a aussi avoué être admiratif de sa compatriote, Margot Robbie, qui, malgré l’enchaînement des succès au box-office, a réussi à maintenir sa vie privée hors des tabloïds. Pour Jacob Elordi, le plus important est de ne jamais perdre le contact avec l’enfant qu’il a été, et sa véritable identité.
«Je ne veux pas perdre l’entièreté de qui j'étais enfant, jusqu’à ce moment où j'ai grandi pour devenir - je ne dirais pas cette 'bête', parce que tout n’est pas négatif - mais de ce qui est cette version publique de moi-même désormais. Je veux toujours être en contact avec celui que j’étais plus jeune, qui est vraiment ce que je suis. Je ne veux pas être spectateur de cela. Je veux en être partie prenante. Je veux tout voir de mes propres yeux», a-t-il reconnu.