Pauline Peyraud-Magnin, gardienne de l’équipe de France féminine de football, a dénoncé ce lundi, dans une interview à L’Équipe, les nombreux messages de haine et les menaces de mort reçus en ligne.
Trop, c’est trop. A la veille de la demi-finale retour de Ligue des nations contre l’Allemagne, la gardienne de l’équipe de France féminine, Pauline Peyraud-Magnin, s’est confiée dans les colonnes de L’Équipe ce lundi. Elle a notamment évoqué les menaces reçues en privé.
La portière aux 70 sélections a révélé avoir «déjà reçu des menaces de mort après des matchs avec l'équipe de France et en club». Cela peut être effectivement lié aux paris sportifs. On se fait régulièrement insulter. (...) Une personne m'a écrit pour me dire que je suis nulle sur FC26 (le célèbre jeu vidéo). C'est lié à des cartes, a-t-elle indiqué. (...) Quand ils achètent quelque chose, ils s'attendent à ce que nos performances soient toujours bonnes. Ce n'est pas de ma faute s'il a fait un mauvais choix. Les gens, ça les rend fous.»
La joueuse de la Juventus Turin décrit avoir vu «des choses malveillantes, homophobes» sur les réseaux sociaux qui «ne doivent plus être cet endroit où il y a tout ce déferlement de haine». «Ce n'est même pas moi en particulier que ça a touchée, mais ma famille et notamment ma mère, qui était triste pour moi», pointe celle qui n’a plus de compte X.
La Fédération Française de Football a recensé tous les messages reçus par les joueuses pour les transmettre à la justice. «Je trouve ça hyper bien que la Fédé nous protège. Si tu n'es pas bien mentalement, tu peux descendre très bas à cause du harcèlement sur les réseaux sociaux. J'ai reçu la vidéo, en GIF, d'une personne se faisant égorger et on m'écrivait qu'on allait faire pareil avec moi, raconte-t-elle. Les gens qui envoient cela ne se rendent pas compte que derrière un téléphone, il y a un humain qui a des sentiments, que ça peut toucher. J'ai été choquée pendant quelques semaines à cause de cette vidéo. Je me disais que ce n'était pas possible que quelqu'un te dise qu'il va te faire la peau.»