Ce dimanche 22 mars a été marqué par le basculement de nombreuses villes de gauche vers le centre et la droite, à l’occasion du second tour des élections municipales. Des bastions souvent détenus depuis la fin de la Second Guerre mondiale.
Un choc pour ces territoires historiquement ancrés à gauche. Ce dimanche, lors du second tour des élections municipales, plusieurs communes, considérées comme des bastions pour certaines formations politiques, ont changé de couleur. Des basculements que même des fusions de listes n’ont pas réussi à arrêter.
Clermont-Ferrand
En début de soirée électorale, le candidat LR Julien Bony a renversé les socialistes qui tenaient la capitale auvergnate depuis la Libération, en battant le maire sortant Olivier Bianchi.
Ce cadre commercial de 46 ans a recueilli 50,91% des suffrages, contre 45,45% à son rival du PS et seulement 3,64% pour le candidat RN Antoine Darbois, selon les résultats complets communiqués par la préfecture.
«Nous mettons fin à plus de 80 ans de socialisme qui employait toujours la même politique, les mêmes méthodes, les mêmes équipes, c'est un grand bol d'air qui souffle sur Clermont», a déclaré le nouveau maire de la ville.
Besançon
Figure de la droite locale, Ludovic Fagaut (LR) a mis fin dimanche à plus d'un siècle de gouvernance de gauche quasi ininterrompue à Besançon en détrônant la sortante écologiste au second tour de l'élection municipale.
Le chef de file de l'opposition municipale offre ainsi aux Républicains l'une de leurs plus belles prises de l'élection 2026, en s'imposant avec 53,29% des suffrages, devant la maire sortante Anne Vignot (46,71%) qui entre les deux tours avait fusionné sa liste avec celle de la candidate LFI Sandrine Véziès.
Brest
Le maire socialiste de Brest François Cuillandre, en poste depuis 2001, a été sèchement battu par son challenger de droite Stéphane Roudaut dimanche, et a reconnu une «usure du pouvoir» après 37 ans de règne du PS sur la deuxième ville de Bretagne.
Le candidat divers droite l'a emporté avec 57,4% des suffrages, contre 38,3% pour François Cuillandre.
Tulle
Le maire de Tulle Bernard Combes, proche de l'ancien président socialiste et député de la circonscription François Hollande, a été nettement battu dimanche au second tour par le candidat divers droite Laurent Melin, malgré une fusion avec la liste PCF-LFI-Ecologistes.
«Je m'étais préparé à gagner mais je ne réalise pas. C'est vrai qu'on a bien travaillé. C'est quand même la ville de François Hollande», s'est félicité Laurent Melin à l'issue des résultats. Il a recueilli 54,25% des voix devant Bernard Combes (39,82%) et le candidat RN Thierry Greck (5,93%). La préfecture de Corrèze était dirigée par la gauche depuis 2001, lorsque François Hollande l'avait ravie au RPR Raymond-Max Aubert.
Vierzon
Une liste d'union d'extrême droite a remporté dimanche l'élection municipale à Vierzon (Cher), ville de gauche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et communiste depuis 2008, selon les résultats complets.
La candidature de Yannick Le Roux, policier de 50 ans, à la tête d'une liste regroupant notamment des élus RN et Reconquête, a obtenu 47,87% des suffrages exprimés dans cette sous-préfecture du département de près de 25.000 habitants. Elle a devancé celles d'union de la gauche (38,92%), menée par Maryvonne Roux, et divers centre (13,21%) d'Ahmed Taoussi.
Avignon
« Ce soir tout commence et rien n’est terminé, tout commence avec vous ! » a lancé hier Olivier Galzi, nouveau maire d’Avignon, dans le Vaucluse.
Candidat divers droite et ancien journaliste, Olivier Galzi a mis fin ce dimanche 22 mars à 14 ans de gestion socialiste. Avec 40,62 % des suffrages exprimés, il devance le socialiste, David Fournier, allié à l’insoumise Mathilde Louvain, qui obtient un score de 38,01 %, et Anne Sophie Rigault (RN, 21,37 %).
Interrogé par l’AFP, le nouveau maire a «remercié» les Avignonnais «d’avoir accordé leur confiance à une liste sans étiquette, c’est du jamais-vu dans une élection municipale dans une ville aussi grande».
Cherbourg
Bastion de la gauche depuis 1977, Cherbourg (Cotentin) a basculé à droite ce dimanche 22 mars. La candidate divers droite Camille Margueritte a remporté la majorité des voix (53,11 %), devançant ainsi le maire socialiste sortant, Benoît Arrivé (46,89 %)
Une défaite qui a du mal à passer pour ce dernier qui regrette « un tournant à droite assez clair». « La gauche a perdu beaucoup de villes ce soir, il y a quand même un tournant à droite assez clair. On voit que cette droite, elle va bien de M. Macron au RN», a-t-il confié à nos confrères de France 3 Normandie.
Alençon
Dans l’Orne, Alençon, ville acquise à la gauche depuis 2008, vient d’elle aussi passer à droite avec l’élection de Sophie Douvry, candidate divers droite. Elle remporte la mairie avec 46,58 % des suffrages et succède au maire sortant de gauche, Joaquim Pueyo (PS).
Corbeil-Essonnes
Baston du milliardaire Serge Dassault, qui a été maire UMP de 1995 à 2009, Corbeil-Essonnes a rebasculé à droite avec un terme de mandat socialiste.
Rappelez-vous, Jean-Pierre Bechter (LR) avait succédé au maire UMP et fait trois mandats. Puis, en 2020, la ville passe à gauche avec l’élection de Bruno Piriou.
Ce dimanche 22 mars, il aura fallu attendre 22 h pour avoir les résultats dans cette ville de l’Essonne en Île-de-France, mais c’est fait : Corbeil-Essonnes a basculé à droite. La candidate divers droite Samira Katfi a battu le maire sortant, Bruno Piriou (Union de la gauche), en obtenant 6.102 voix, soit presque 60 % des suffrages, contre 4.072 voix (40,02 %).
Périgueux
En Dordogne, la ville de Périgueux est, elle aussi, tombée sous la coupe de la droite. Avec 53,21 % des voix au second tour des élections municipales, c’est le candidat divers droite, Michel Cadet, qui a été élu. Il devance ainsi le socialiste sortant, Émeric Lavitola (46,79 %), qui avait refusé de s’allier avec LFI.
Médecin généraliste à la retraite, Michel Cadet s’est dit "très ému", au micro d'ICI Périgord. « L'émotion est arrivée tardivement, on regardait les chiffres. On a travaillé depuis 15 mois avec les Périgourdins, c'est une juste récompense du travail que l'on a fourni».