Les températures élevées observées au mois de mai perturbent les périodes de nidification des hirondelles. Celles-ci se trouvent parfois dans l’incapacité de trouver les ressources nécessaires à l’édification de leur nid.
«Hirondelle aux champs amène joie et printemps», dit le proverbe. Au mois de juin, il est maintenant de coutume d’entendre ces petits oiseaux et de les voir tourner sous les toits, revenant sans cesse au même endroit. Si les hirondelles sont bien présentes, elles rechignent pourtant à faire leur nid. Et pour cause, les températures élevées observées ces dernières années perturbent les périodes de nidification.
Boue argileuse, brins d’herbe, paille… les nids d’hirondelles ont besoin de nombre de matériaux pour être construits. Or, les températures élevées réduisent à peau de chagrin la présence de ces ressources naturelles. Les hirondelles de fenêtre se trouvent donc parfois dans l’incapacité de construire un habitat durable.
«Pour construire leur nid, elles vont aller chercher de la boue. Mais si tout est sec, les hirondelles devront en chercher à d'autres endroits pas habituels et se retrouver avec de la terre plutôt sableuse pas adaptée pour construire leurs nids», a ainsi expliqué Pauline Manens, coprésidente de la Ligue de Protection des Oiseaux du Tarn, à nos confrères du magazine Mon Jardin & Ma maison.
De la nécessité d’une terre argileuse
Les hirondelles ont, en effet, besoin d’une terre fine et argileuse pour façonner les boulettes nécessaires à la construction de leur nid. Il faut en moyenne 2.000 boulettes de terre pour un seul nid. Sans humidité, il est donc difficile pour les hirondelles de fenêtre de trouver cette matière première.
Les hirondelles ont également besoin d’un support accrocheur pour y construire leur nid. Murs rugueux, poutres ou avancées de toit offrent un support adéquat. Or, l’urbanisation des villes et villages a progressivement effacé les reliefs des habitations si chers aux hirondelles.
Sans ces éléments, les nids d’hirondelles ont tendance à moins bien tenir. Ils s’effritent ou s’effondrent parfois sous le poids des oisillons. Les hirondelles tournent alors continuellement sous les toits sans réussir à édifier leurs nids.
Ce phénomène est d’autant plus alarmant qu’un déclin des populations d’hirondelles est observée sur le territoire français. Les populations d’hirondelles de fenêtre ont ansi reculé d’environ 39% depuis 1989 et celles d’hirondelles rustiques d’environ 42%.