Booba et Kaaris en prison : des images circulent sur internet, ouverture d'une enquête

Une exposition qui préoccupe les syndicats de surveillants, qui se demandent comment ces images ont pu être diffusées[Dominique FAGET, Loïc VENANCE / AFP]

A l'ère 2.0, certaines dérives ne sont pas surprenantes. Incarcérés depuis leur rixe à l'aéroport d'Orly, les rappeurs Booba et Kaaris continuent de faire parler d'eux sur les réseaux sociaux, après la diffusion d'images prises derrière les barreaux.

Pour ceux qui partagent la même prison que les détenus français les plus célèbres de l'été 2018, l'idée de pouvoir capturer quelques moments de leur quotidien pour le partager ensuite avec les internautes est alléchante. Comme le rapporte Le Parisien, des contenus vidéos ne durant parfois que trois secondes, et quelques photos témoignant de la présence de Kaaris à Fresnes ou de celle de Booba à Fleury-Mérogis, se sont retrouvées sur la toile.

Une exposition qui préoccupe les syndicats de surveillants, qui se demandent comment ces images ont pu être diffusées.«Le problème, aujourd’hui, c’est que les établissements sont devenus des passoires, rapporte à nos confrères Thibault Capelle, secrétaire local du syndicat Force Ouvrière à Fleury-Mérogis, où est enfermé Booba. Depuis 2009, l’article 57 du code de procédure pénale empêche la fouille systématique des détenus après un contact avec l’extérieur.» Et suite à la mise en application de cet article, une «explosion totale» des trafics au sein des prisons a été observée, notamment du nombre de téléphones portables.

Des documents confidentiels diffusés

Le responsable FO parle d'une véritable «économie parallèle». «On a des téléphones avec de très faibles taux de métal qui passent les portiques de sécurité. Les familles peuvent donc faire passer du matériel, indétectable. Et les brouilleurs réseau dont disposent les prisons sont complètement obsolètes, donc les détenus ont accès au réseau», précise-t-il au quotidien.

Plus inquiétant encore, des documents confidentiels, censés être consultés uniquement par le personnel pénitentiaire, ont été divulgués. On y apprend, entre autres choses, l'emplacement des cellules, le numéro d'écrou ou encore le solde de chacun des détenus pour la cantine.

Ouverture d'une enquête

Une enquête interne a été ouverte et le parquet saisi après la diffusion de ces images de Kaaris, dans la prison de Fresnes. 

«Dès que la DAP (Direction de l'administration pénitentiaire) a été informée de la circulation de ces images, une enquête interne a été ouverte et le parquet saisi», a-t-on indiqué. «La cellule (de Kaaris) a été fouillée vendredi soir», a-t-on ajouté. De source syndicale à Fresnes (Val-de-Marne), un téléphone a également été saisi dans la cellule du détenu auteur du selfie.

Pour les syndicats, cette nouvelle fuite n'a rien d'exceptionnel. A Fresnes, les portables sont «une plaie», a expliqué à l'AFP Cédric Boyer, du syndicat FO : les appareils, de plus en plus petits et indétectables, «entrent par projection (par dessus les murs), par les parloirs».

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