L’acteur Guy Pearce s’est confié pour la première fois en détail sur le comportement «traumatisant» que Kevin Spacey avait eu avec lui lors du tournage de «L.A. Confidential».
Le mouvement #MeToo a déclenché en lui une prise de conscience bouleversante. L’acteur Guy Pearce, nommé aux prochains Oscars pour son rôle dans «The Brutalist», s’est récemment livré à cœur ouvert pour la première fois sur le calvaire que lui aurait, selon lui, fait vivre l’acteur Kevin Spacey sur le tournage du film «L.A. Confidential», sorti en 1997.
«Je me suis effondré et j'ai pleuré, et je ne pouvais pas m'arrêter. Je pense que cela m'a vraiment fait prendre conscience de l'impact que cela avait eu», a révélé l’acteur lors d’une récente interview pour le podcast «Awards Chatter».
Jusque-là Guy Pearce s’était contenté de décrire Kevin Spacey - star déchue accusée ces dernières années par plusieurs hommes d’agressions sexuelles - comme quelqu’un de «tactile». Peu de temps après cette révélation, il avait déclaré en 2018 : «bien que je n’aie pas été agressé sexuellement ou été battu, j'ai été mis mal à l'aise. Mais j'avais géré la situation lorsqu'elle s'est produite, d'où mon regret de l'avoir rendue publique maintenant».
Dans le déni
Comme le souligne THR, les propos de Guy Pearce vont aujourd’hui beaucoup plus loin. Il raconte désormais que lors du tournage de «L.A. Confidential», Kevin Spacey lui avait fait des avances et qu’il avait eu des gestes (qu’il ne décrit pas) qui l'avaient mis mal à l'aise, mais qu'il les avait à l’époque «balayé d’un revers de main en se persuadant que ce n’était rien». «J'ai fait ça pendant cinq mois, et j'avais vraiment un peu peur de Kevin parce que c'est un homme assez agressif. Il est extrêmement charmant et brillant dans ce qu'il fait, vraiment impressionnant, etc. Il tient une salle remarquablement. Mais j'étais jeune et susceptible, et il m'a pris pour cible, sans aucun doute», analyse-t-il.
Lors du tournage de «L.A. Confidential» la star de «The Brutalist» explique qu’il était en conflit avec sa femme de l’époque, Kate, et se rappelle lui avoir dit : «Les seuls jours où je me sens en sécurité sont ceux où [Simon Baker] est sur le plateau parce que je me fais larguer comme une patate chaude, et [Kevin] se concentre sur [Simon] parce qu’il est dix fois plus beau que moi.»
Mémoire traumatique
Dans beaucoup de cas d'agressions sexuelles, les faits peuvent remonter à la surface parfois des dizaines d'années plus tard, terrassant les victimes. Guy Pearce raconte que sa prise de conscience avait commencé en octobre 2017, au moment où Hollywood était sur le point d'être bouleversé par le mouvement #MeToo, mais plus particulièrement quand les accusations d'inconduite sexuelle ont commencé à s'abattre sur Kevin Spacey, à commencer par celle d'Anthony Rapp, qui avait affirmé que Kevin Spacey lui avait fait des avances sexuelles lors d'une fête à New York en 1986, alors qu'il avait 14 ans.
Guy Pearce dit que c’est à ce moment-là qu’il a pris conscience de la gravité de qu’il avait vécu de son côté. «J’étais à Londres en train de travailler sur quelque chose, et j’ai entendu [les informations], j’ai éclaté en sanglots, je ne pouvais plus m’arrêter. Je pense que cela m’a vraiment fait prendre conscience de l’impact que cela avait eu sur moi et de la façon dont je l’avais en quelque sorte ignoré, mis de côté ou bloqué, ou quoi que ce soit d’autre. Ce fut un réveil vraiment incroyable», a-t-il expliqué, la voix brisée par l’émotion.
The Hollywood Reporter rappelle que Kevin Spacey a pour toutes les accusations qui ont pesé sur lui nié tout comportement répréhensible. En plus d'être innocenté dans l'affaire Rapp, il a été acquitté des neuf chefs d'accusation d'agression sexuelle par un jury britannique en 2023, mettant fin à une bataille de plusieurs années qui a fait dérailler sa carrière à Hollywood.