Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Paul Molac, député chanteur, trilingue breton-gallo-français

Paul Molac le 18 juin 2012 à son siège de campagne à Ploermel[AFP]

"Il y a encore six mois, je ne savais pas que je serai homme politique": tout sourire, Paul Molac, chanteur trilingue français-breton-gallo et proche des régionalistes, va rejoindre avec "enthousiasme" les bancs de l'Assemblée après son élection surprise comme député du Morbihan.

Jusqu'à fin 2011, Paul Molac, 50 ans, enseignait l'histoire-géographie au collège-lycée de Guer. Connu et apprécié pour son engagement associatif, il se voit alors proposer la candidature "d'union" aux législatives par le PS, EELV et l'UDB (Union démocratique bretonne, régionaliste), pour arracher la 4e circonscription à François Guéant, fils de l'ancien ministre de l'Intérieur.

Pour l'emporter dans ce secteur rural réputé imprenable, au nord de Vannes, "il fallait quelqu'un qui fasse l'unanimité dans les trois partis, et qui ait un très fort ancrage local", explique Paul Molac, considéré comme l'homme de la situation.

"Allant toujours de l'avant" selon des proches, il n'hésite pas. Et tient le pari: avec 52,56% des voix, cet homme brun, simple et cordial, crée la surprise en éliminant le fils de Claude Guéant "le jour de la fête des pères!", jubile une collaboratrice.

"Il est parfait mon costume de député, non?", savoure le tombeur, plein d'enthousiasme avant son départ mardi pour Paris. Nullement impressionné à l'aube de son tout premier mandat: "Quand on défend l'enseignement bilingue, on connaît les hommes politiques et on a l'habitude d'éplucher les textes administratifs".

Président pendant 10 ans de Div Yezh, une association pour l'enseignement du breton dans l'école publique, Paul Molac, qui parle cette langue avec ses sept enfants, a créé la classe bilingue de Ploërmel et a contribué à en ouvrir "pas mal d'autres".

"Profondément ancré dans son territoire" selon la maire de Ploërmel, Béatrice Le Marre - qui a longtemps covoituré avec lui jusqu'au collège de Guer - Paul Molac, passionné de culture bretonne, s'est immergé très tôt dans le milieu associatif.

A 17 ans, il crée une association de "collecte de témoignages d'anciens en gallo (parlé dans l'est de la Bretagne, ndlr) et en français, mais aussi de contes, de chants traditionnels", raconte-t-il. Et s'il avoue n'avoir joué autrefois de la bombarde que "pour rigoler", il chante régulièrement dans le groupe traditionnel "Ferzae", en français et en gallo.

"Proche" de l'UDB, il s'assume pleinement comme "régionaliste", si ce mot définit "quelqu'un qui défend la décentralisation, quelqu'un de mesuré, qui a horreur du nationalisme quelqu'il soit", insiste-t-il.

Né le 21 mai 1962 à Ploërmel, dans un secteur où le nom de famille "Molac" pullule et où une commune porte ce patronyme, ce fils d'agriculteurs viscéralement attaché à sa terre reprendra pendant trois ans l'exploitation, avant de s'orienter vers l'enseignement.

N'ayant "jamais vraiment quitté ce monde", il vise logiquement la commission de l'agriculture à l'Assemblée nationale, pour promouvoir un modèle "avec moins d'intrants", sans stigmatiser les agriculteurs.

Bien décidé également à profiter de son siège de député pour "donner à la culture bretonne les moyens d'exister", il devra cependant démissionner prochainement de la présidence du conseil culturel de Bretagne. Mais pas question de renoncer au chant : "Ah que oui, je vais continuer!", assure-t-il, comme une évidence, en décrivant "de grands moments de convivialité, de culture à vivre".

Paul Molac est le père de Gurvan, Meriadec, Lenaïg, Enora, Gwenneg, Goulven et Levenez, qui ont bien sûr fêté la victoire en chantant avec lui.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités