Elu grâce à l'UMP, le député siégera avec le PS

[JACQUES DEMARTHON / AFP]

A l'avenir l'UMP choisira peut-être mieux ses champions pour concourir aux élections législatives. Le député de Wallis-et-Futuna, élu lors d'une élection partielle le 24 mars dernier avec le soutien de l'UMP, a annoncé qu'il s'inscrirait au groupe PS de l'Assemblée nationale.

La politique dans les territoires d'Outremer ne manque pas d'imprévus. L'élection comme député de Napole Polutélé en apporte une nouvelle fois l'exemple.

Ce professeur d'histoire-géographie de 47 ans a été élu député de Wallis-et-Futuna le 24 mars dernier à la faveur d'une législative partielle.

Membre du conseil territorial, Napole Polutélé s'est présenté en non-inscrit, c’est-à-dire sans étiquette politique, pour prendre la succession de David Vergé (apparenté PS) comme député de la circonscription de Wallis-et-Futuna. Le député sortant avait vu son élection en 2012 invalidée le 25 janvier par le Conseil constitutionnel pour irrégularités dans le financement de sa campagne.

 

Candidat contre la femme du député sortant

Napole Polutélé a finalement été élu au second tour (37,51%) à l'issue d'une triangulaire incertaine face à deux adversaires de gauche, dont un socialisteMikaele Kulimoetoke (32,27 %) et Lauriane Vergé (30,22 %), la propre femme de David Vergé.

Pour conquérir cette circonscription qui se résume à deux îles et 13.484 habitants, Napole Polutélé avait le soutien de la majorité à l'assemblée territoriale de ce petit archipel polynésien. Les leaders de l'UMP locale avaient même appelé à voter en sa faveur.

Mais surprise, le 1er juin, le Journal officiel de l'Assemblée nationale publie l'inscription de Napole  Polutélé comme apparenté au groupe socialiste, républicain et citoyen (SRC).

 

Jacob accuse

Une décision qui n'a pas manqué de faire réagir Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée. En conférence de presse il s'est interrogé sur "les moyens de pressions ou autres utilisés par le gouvernement pour faire en sorte qu'un député élu et financé par l'UMP siège sur les bancs du PS". "Qu'est-ce que l'on a donné? Forcément quelque chose. Il serait intéressant de faire la lumière là-dessus".

Le député maire de Provins a aussi attaqué son homologue du groupe SRC :  "Comment fait M. Le Roux pour se regarder encore dans une glace en ayant sur ses bancs un député qui a été financé et soutenu par l'UMP".

 

Le Roux se défend

Bruno Le Roux lui a répondu dans une série de tweet en assurant que c'était "d'abord c'est le libre choix d'un député! C'est aussi le reflet d'une réalité locale et d'une décision très partagée sur ce territoire".

 

 

 

 

 

 

 

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