La dissolution, un scénario redouté à l'UMP

La présidente du Front National (FN)  Marine Le Pen le 2 juin 2014 au Parlement européen à Strasbourg [Frederick Florin / AFP] La présidente du Front National (FN) Marine Le Pen le 2 juin 2014 au Parlement européen à Strasbourg [Frederick Florin / AFP]

L'hypothèse d'une dissolution de l'Assemblée nationale est redoutée par l'UMP, contrairement au Front national qui la réclame inlassablement.

 

Alors que le pays traverse une crise politique profonde, qui s'est traduite lundi par la démission du gouvernement, une dissolution, susceptible de ramener la droite au pouvoir, "n'est pas souhaitable", répète-t-on à l'envi l'UMP, même si désormais cette option est "peut-être inévitable".

"Sur le fond, on sait ce qu'il faut faire: réduction des dépenses publiques, des déficits, maintien de l'objectif des 3% pour 2015, profonde réforme du code du travail, rétablissement de la compétitivité...", assure l'ancien ministre du Budget Éric Woerth.

Mais dans son parti, "personne ne souhaite la dissolution. Nous sommes en cours de reconstruction. Nous avons besoin de consolidation, de rassemblement, de souffle et surtout, d'un chef. Nous ne sommes pas encore en ordre de bataille. Pour nous, c'est trop tôt", poursuit le député de l'Oise.

Analyse partagée par Geoffroy Didier, secrétaire général-adjoint de l'UMP. "Je ne crois pas, très honnêtement, que l'opposition républicaine soit prête à gouverner le pays. Elle est dans une phase de reconstruction collective", affirmait-il lundi sur BFMTV.

"Si dissolution il y avait, et que la droite remportait les législatives, on n'aurait pas toutes les manettes puisque le président resterait en place et que dans les institutions de la Ve République, c'est lui qui a le pouvoir. Mais en même temps, on ne peut pas refuser de gouverner si ça se présente. Ce serait intenable", affirme une autre source au parti.

Mais "on n'en est pas là ! Le gouvernement a beaucoup d'outils institutionnels à sa disposition, vote bloqué, 49/3...", se rassure-t-on. "Rocard a gouverné trois ans avec une majorité relative, Valls était son conseiller, il a déjà connu ça!".

 

- "Une question de temps" -

 

Si toutefois cela devait arriver, de nombreux responsables UMP jugent "impossible" toute cohabitation. "Le pays a besoin de réformes structurelles qui ne peuvent être conduites que par un couple exécutif cohérent, ce qui est le contraire d'une cohabitation", assure M. Woerth.

Selon lui, ce serait alors au président de la République d'en "tirer les conséquences". Il lui faudrait "démissionner", traduit sa collègue à l'Assemblée Valérie Pécresse.

Le FN, de son côté, espère tirer les marrons du feu gouvernemental.

Inlassablement, la patronne Marine Le Pen appelle à la dissolution. Pour son bras droit, Florian Philippot, cela "permettrait de faire entendre une autre voix très forte et très différente à l'Assemblée (...) Imaginez les débats si nous avions 30, 40, 50, 60 députés", a-t-il espéré mardi sur France 2.

Aux micros, les frontistes l'assurent d'ailleurs: cette dissolution n'est qu'une question de temps. "Le tout, c'est de savoir si ça sera avant ou après Noël", affirme le vice-président du parti Louis Aliot à l'AFP.

Selon lui, le FN doit "prendre en compte ce scénario et s'y préparer". "C'est un travail à mener, mais il n'y aurait pas de difficulté", considère l'eurodéputé Nicolas Bay, qui a chapeauté la campagne des municipales.

Le FN parie surtout sur les mauvaises fortunes de ses adversaires: "l'UMP n'est pas en situation, elle n'a pas de leader, elle est engluée dans les affaires, les conflits de personnes. Le FN serait en situation d'obtenir un excellent résultat", assure ce député européen.

M. Aliot est de cet avis: "Avec les déboires de l'UMP, les divisions à l'UDI et le PS, ça nous profiterait, c'est évident". Ses pronostics ? "Avec la proportionnelle intégrale, 100 députés demain à l'Assemblée. Avec 10% de députés élus à la proportionnelle, beaucoup moins. Sans ces 10%, un groupe" soit largement plus que les deux députés frontistes actuels.

Et si une dissolution se produisait et qu'un représentant de l'UMP arrivait à Matignon, ce ne serait "pas une cohabitation", prévient d'ores et déjà M. Philippot: ce parti "n'incarne plus l'opposition".

 

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