Professions réglementées : Macron admet s'être "trompé"

Emmanuel Macron, ministre de l'Economie. [Nicolo Revelli-Beaumont / SIPA pour Direct Matin]

Emmanuel Macron a accepté lundi de modifier substantiellement une mesure clé de son projet de loi, sur les tarifs des professions réglementées du droit, dans un contexte tendu, le ministre révélant avoir reçu "des menaces de mort de certains officiers publics ministériels".

 

"Avec la même conviction pour défendre ce en quoi je crois, j'ai la même lucidité quand je me suis trompé", a-t-il souligné devant les députés, en "plaidant coupable en quelque sorte" sur le mécanisme de "corridor tarifaire".

M. Macron a rappelé dans l'hémicycle avoir plaidé initialement pour une part de tarifs variables pour les notaires, huissiers et mandataires judiciaires notamment dans le cadre de ce "corridor tarifaire", afin de "permettre à de jeunes professionnels de s'installer" et de faire jouer la "concurrence".

"Mais je n'avais pas vu l'effet pervers que cette mesure pouvait avoir", "les rapporteurs ont fait pression pour aller plus loin en commission spéciale pour améliorer le sustème, j'ai résisté et ma résistance a conduit à créer un système compliqué", a ajouté le ministre dans une longue intervention.

Sur le corridor tarifaire, "je proposerai d'y revenir parce que c'est un élément de complexité", a-t-il dit. En revanche, ce projet de loi va permettre "la transparence sur les tarifs et sur la remise, qui existe aujourd'hui en pratique sur des tarifs opaques", a expliqué le locataire de Bercy.

Un amendement en ce sens doit être présenté dans la soirée à l'Assemblée, qui examine le projet de loi "pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques". 

 

Menaces de mort

Plus tôt dans son intervention devant les députés, le ministre a révélé lundi, avoir reçu "des menaces de mort" de "certains officiers publics ministériels" opposés à son projet de réforme et affirmé avoir porté plainte.

Reprochant à des représentants des professions réglementées du droit (notaires...) "d'agiter les peurs" en pronostiquant que sa réforme allait provoquer "plusieurs dizaines de milliers de suppressions d'emplois", M. Macron a estimé que cela n'était "pas à la hauteur du débat"

"Je ne fais honnêtement même pas référence aux menaces de mort que j'ai reçues - j'ai porté plainte - de certains officiers publics ministériels parce que vous m'accorderez que c'est particulièrement étonnant", a-t-il ajouté.

Et d'appeler à "garder son sang-froid et garder du sérieux" après avoir observé qu'"il y a eu beaucoup trop d'émotion autour de ce débat" consistant à "moderniser une partie du fonctionnement de ces professions règlementées".

 

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