Hollande sur sa lancée

François Hollande le 5 février 2015 lors de la conférence de presse.[ALAIN JOCARD / AFP]

"J’ai changé à la suite de ces événements." C’est avec une assurance nouvelle, un ton posé et la volonté de prolonger l’esprit du 11 janvier que François Hollande s’est présenté jeudi, devant la presse, pour la cinquième fois de son mandat.

 

Un discours d’à peine vingt minutes, puis les réponses aux questions des journalistes… Le chef de l’Etat est allé à l’essentiel dans ce contexte si particulier. Un mois après les attentats, ce rendez-vous était l’occasion de revenir sur les réponses apportées à la menace, et de rappeler sa volonté de gouverner une République "intraitable" et "implacable".

 

Un service universel dès juin

En tête des chantiers actuels, la lutte anti-terrorisme. François Hollande a rappelé les mesures mises en place dernièrement, notamment les moyens dégagés pour la police et la justice. Il a également assuré que la loi sur le renseignement serait présentée en mars, et votée avant l’été. Toujours en lien avec les événements de janvier, et le mouvement d’union nationale qui a suivi, le président a annoncé la création d’une réserve citoyenne et d’un "contrat civique", avec la mise en place d’un service universel pour tous les jeunes qui le désireront, à partir du 1er juin.

La possibilité d’un service civique obligatoire, sollicitée par certains de l’UMP, a donc été écartée. Mais la priorité du quinquennat reste l’école : "la meilleure arme pour la reconquête", selon François Hollande. Il compte ainsi renforcer la formation des enseignants, et lutter contre le décrochage scolaire. Le principe de laïcité, lui aussi au centre des débats ces dernières semaines, sera également enseigné «tout au long de la scolarité obligatoire».

 

Une "stature présidentielle"

Actif sur la scène nationale, le président veut aussi l’être à l’international, comme il l’avait fait en rassemblant les dirigeants mondiaux, en janvier à Paris. Ferme sur la participation de la France dans la coalition anti-Daesh, François Hollande monte au créneau concernant la crise ukrainienne. Il s’est rendu à Kiev jeudi, avec Angela Merkel, pour établir un plan de paix à proposer à Moscou. Une stratégie qui pourrait s’avérer payante.

"Il a tout intérêt à reléguer les questions nationales au gouvernement et à investir le terrain international, analyse Yves-Marie Cann, directeur d’études à l’institut CSA. Cela conforte sa stature présidentielle." Une stature que les Français lui ont reconnue dans sa gestion post-attentats, et qui vaut au chef de l’Etat un rebond sans précédent dans les sondages. Et donc une opportunité pour relancer un quinquennat, jusqu’ici à la peine.

Mais cette bouffée d’oxygène risque d’être rattrapée par les réalités économiques et sociales. «Il y a une nécessité impérieuse d’obtenir des résultats», insiste Yves-Marie Cann. Et prioritairement sur le front de l’emploi, point noir du quinquennat. Le président le sait, lui qui a rappelé jeudi qu’il ne se représenterait pas en 2017 si la situation ne s’améliore pas sur ce point.

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