Départementales : 43 millions d'électeurs appelés aux urnes

Ce dimanche, à l'occasion du premier tour des élections départementales, 43 millions d'électeurs sont appelés aux urnes.[AFP]

Plus de 43 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche pour le premier tour des élections départementales, un scrutin peu prisé et très souvent défavorable au pouvoir en place, le FN rêvant de voler une nouvelle fois la vedette à l'UMP.

 

Les Français doivent élire pour six ans leurs conseillers départementaux - on les appelait jusqu'ici "conseillers généraux" -, qui s'occupent principalement des aides sociales - personnes âgées, handicapés, enfants maltraités, bénéficiaires du RSA -, de l'entretien des routes et des collèges. 

Le contexte politique ne favorise pas la mobilisation des électeurs: l'avenir des assemblées départementales s'annonce incertain, même si le gouvernement Valls a renoncé à son projet de les supprimer à brève échéance.

 

Rédécoupage et abstention

Autres facteurs peu propices au vote: la carte des cantons a été chamboulée (ils sont en moyenne deux fois plus grands et on n'en compte plus que 2.054), et le mode de scrutin est totalement nouveau, les électeurs était appelés à choisir un binôme homme/femme.

Les instituts de sondage prévoient une abstention massive, supérieure à 50%, comme en 2011 (près de 56%), et relèvent que l'électorat de gauche est le moins motivé.

 

Une campagne pas à la hauteur

Selon une enquête Odoxa/Le Parisien Aujourd'hui en France/CQFD-iTélé publiée vendredi, 86% des Français jugent que la campagne n'a pas été "à la hauteur" de leurs attentes, et 69% estiment avoir été mal ou pas du tout informés sur ce scrutin.

La campagne devait s'achever samedi à minuit, mais la distribution des documents électoraux est interdite depuis vendredi soir minuit.

En vertu d'une loi de 1977, il est interdit aux médias de rappeler, dans les 24 heures précédant l'ouverture du scrutin, les intentions de vote mesurées par les instituts spécialisés. 

 

Le FN accapare les esprits

Les bureaux de vote seront ouverts de 8H00 à 18H00. Jusqu'à 19H00 dans beaucoup de villes moyennes (Brest, Dijon, Chambéry, Toulon, Tours..), jusqu'à 20H00 à Bordeaux, Marseille, Nantes, Toulouse et en région parisienne.

Vainqueur des élections européennes avec 25% des voix en mai dernier, le Front national a accaparé la campagne et les esprits. Manuel Valls, qui a achevé vendredi dans la Drôme et l'Ardèche deux semaines intenses de meetings, a placé la bataille sur ce terrain, ce dont s'est réjouie... Marine Le Pen, pour qui les attaques du Premier ministre font "tomber les voix" vers le FN.

Nicolas Sarkozy a lui aussi essuyé des critiques dans son camp pour ses dernières sorties très anti-islam (interdiction du voile à l'université, pas de menu de substitution au porc dans les cantines).

 

Dynamique frontiste

Les révélations sur les dizaines de candidats FN auteurs de propos xénophobes ou islamophobes ou homophobes n'ont pas semblé entamer la dynamique frontiste.

"Quand vous ne voulez pas entendre quelque chose, vous ne l'entendez pas", observe Jean-Daniel Lévy (Harris Interactive) à propos des tentations du vote FN.

 

La gauche divisée

La gauche aborde ce scrutin très divisée. Fait nouveau, les écologistes EELV ont plus souvent préféré s'allier au Front de gauche qu'au PS.

Selon une étude du Cevipof, la gauche n'est rassemblée autour d’un binôme que dans 433 cantons, contre 1.285 pour la droite. Comme, pour arriver au second tour, il faut franchir le seuil de 12,5% des inscrits si l'on n'est pas arrivé dans les deux premiers, la gauche "risque d'être éliminée au soir du 22 mars dans de très nombreux cantons", estime Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.

 

Appel au rassemblement

Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, a donc appelé les électeurs à faire "le rassemblement de la gauche dès le premier tour" en "votant pour le candidat capable de gagner au second tour" : les "socialistes et écologistes". 

La gauche (le PS, le plus souvent) administre actuellement 61 départements sur 101. Le bas de la fourchette situe ses pertes à 20 départements. Mais elle pourrait en perdre une trentaine, voire plus, y compris un bastion comme la Seine-St-Denis, dirigé par les socialistes après l'avoir été longtemps par les communistes.

 

Les chances du FN

Les plus grandes chances du FN de gagner un département résident dans le Vaucluse. L'Aisne, l'Oise et le Var semblent plus durs à conquérir.

Mais c'est la droite qui devrait rafler la mise, d'autant que, là où il ne peut pas gagner, le PS appellera sans doute à voter pour elle au second tour afin de faire barrage au FN.

 

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