L’exécutif serre les rangs

Manuel Valls Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 31 mars 2015. [LIONEL BONAVENTURE / AFP]

Après la défaite des départementales, l’union de la gauche se révèle nécessaire mais difficile à mettre en œuvre pour le Premier ministre.

 

Les actes sont parfois plus parlants que les mots. Manuel Valls a eu beau répéter que les élections départementales n’étaient «pas la débâcle absolue», le fait qu’il annule un déplacement en Allemagne pour s’adresser à sa majorité ne laisse aucun doute sur l’état d’urgence chez les socialistes.

Comme il l’avait fait à l’issue du premier tour, le Premier ministre n’a cessé d’appeler, depuis dimanche, à unir la gauche. Mais s’il a reconnu que «la division mène à la défaite», Manuel Valls a exclu toute inflexion de sa politique.

 

La main tendue aux écologistes

«Je suis à l’écoute», a assuré le Premier ministre devant les députés PS. Rappelant les chantiers en cours, il a exhorté ses troupes à accepter les réformes et à «repartir à la reconquête».

Un appel à l’union qui dépasse les rangs socialistes. Manuel Valls a en effet affirmé ce mardi 31 mars à l’Assemblée que «la place des écologistes était au gouvernement», n’écartant pas l’hypothèse d’un remaniement pour les y intégrer. La veille, Jean-Christophe Cambadélis avait rencontré les représentants EELV pour constituer des groupes de travail. Le premier secrétaire du PS a aussi annoncé qu’il irait au-devant du Parti radical de gauche et des communistes si ces derniers «le souhaitent».

Pour le politologue Gérard Grunberg, «il n’y a pas d’autre stratégie envisagée par le gouvernement que celle du rassemblement». Une nécessité avant la tenue, en juin, du congrès du PS. «Le risque, c’est que Jean-Christophe Cambadélis doive s’appuyer sur une motion en rupture avec la politique gouvernementale», souligne le spécialiste.

La nécessité est aussi électorale. Après avoir perdu les scrutins municipaux (ce qui avait d’ailleurs coûté sa place à Jean-Marc Ayrault), européens et départementaux, le gouvernement ne veut pas trébucher aux régionales.

 

Pas de mouvement sur le fond 

Unir oui, mais pas question de changer de cap. Moins virulent qu’auparavant sur la forme devant les députés de sa majorité émiettée, le Premier ministre n’a pas bougé sur le fond. «Nous avons fait le choix depuis 2012 de la compétitivité et de la croissance. Il ne faut pas l’abandonner», a-t-il martelé.

Logiquement, ceux qui ne le suivaient pas avant affirment donc ne pas vouloir lui emboîter le pas après. «Il y a une forme d’inflexibilité», a regretté le frondeur Laurent Baumel. Interrogée par Le Monde, Cécile Duflot a, elle, coupé court à tout rapprochement, jugeant que «le logiciel de Manuel Valls est périmé».

Conscient qu’il ne peut ressusciter la gauche plurielle sans se renier, le Premier ministre table sur la «responsabilité collective» de ses troupes qui, selon lui, ne déclencheront pas une «crise politique».

Il mise aussi sur «une très bonne croissance dès la fin de l’année et une baisse du chômage dès 2016» pour faire gagner la gauche en 2017, analyse le politologue Thomas Guénolé, pour qui cette stratégie reste «électoralement suicidaire». Car sans unité, même de bons résultats économiques ne garantissent pas la victoire. Manuel Valls, qui faisait partie du cabinet de Lionel Jospin en 2002, ne peut l’ignorer. 

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