Myriam El Khomri au ministère du Travail : un challenge à relever

Manuel Valls, Myriam El Khomri et François Hollande à la sortie du Conseil des ministres, le 2 septembre 2015. [ALAIN JOCARD / AFP]

Myriam El Khomri a été nommée ce mercredi 2 septembre au ministère du Travail. L’ancienne secrétaire d’Etat à la Ville succède à François Rebsamen. Sa mission s'annonce ardue : parvenir à l'inversion de la courbe du chômage dans les prochains mois.

 

Nomination surprise au ministère du Travail. Alors que les aguerris Bruno Le Roux ou Stéphane Le Foll étaient pressentis depuis plusieurs jours, c’est finalement la jeune Myriam El Khomri, 37 ans, qui a été désignée ce mercredi 2 septembre pour succéder à François Rebsamen, démissionnaire depuis le 19 août dernier. En ces temps moroses sur le front de l’emploi, l’ex-secrétaire d’Etat à la Ville hérite d’un portefeuille très stratégique. Pour la benjamine du gouvernement, la tâche s’annonce ardue : parvenir à inverser la courbe du chômage d’ici à 2016, condition annoncée d’une nouvelle candidature de François Hollande en 2017.

 

Un chômage toujours massif

"Je mesure la responsabilité qui est la mienne. Comptez sur ma combativité et ma détermination", a déclaré mercredi la nouvelle ministre. Car, du courage, Myriam El Khomri va en avoir besoin. Les derniers chiffres du chômage ont beau montrer une stabilisation du nombre de demandeurs d’emploi en juin et juillet, le taux de chômage connaît une hausse quasi constante depuis 2011 (jusqu’à atteindre 10,3 % en avril dernier) et 3,55 millions de chômeurs n’ont aujourd’hui aucune activité. A l’arrivée de François Hollande en mai 2012, ils étaient 2,92 millions.

 

 

Le gouvernement ne cesse pourtant de multiplier les dispositifs. Il y a d’abord eu les "emplois d’avenir" en 2012, assortis des "contrats de génération" en 2013, deux outils à destination des jeunes et des séniors. Est venu ensuite le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), suivi du "pacte de responsabilité et de solidarité", détaillé en janvier 2014. Sans compter la "loi Rebsamen" promulguée fin août : un texte relatif au dialogue social et à l’emploi, tourné en grande partie vers les très petites et moyennes entreprises.

Des acteurs que Myriam El Khomri semble déjà bien connaître : "Je passe beaucoup de temps à rencontrer les PME, car ce sont elles qui peuvent créer de l’emploi dans les quartiers", expliquait l’ex-secrétaire d’Etat à la Ville, aux Echos, ce lundi. D’autres dossiers l’attendent sur son bureau, à commencer par la mise en place du «compte personnel d’activité» et la réforme du droit du travail.

 

Une embellie possible ?

Si le défi est de taille, tout espoir n’est pas perdu. A en croire l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), on peut s’attendre à une embellie sur le marché du travail. L’OCDE prévoit en effet une légère baisse du taux de chômage en 2016 (à 10 %). Autre acteur optimiste : le Medef. "C’est possible, car il y a des vents favorables externes. L’euro, les prix du pétrole, les taux d’intérêts…", a souligné récemment Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président de la principale organisation patronale. Et de conclure, enthousiaste : "On est […] dans une période où les astres sont alignés".

 

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