Déchéance de nationalité : Cambadélis ne veut "ni discrimination" ni "apatrides"

Jean-Christophe Cambadélis lors d'une conférence de presse le 15 décembre 2015 à Paris [FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives] Jean-Christophe Cambadélis lors d'une conférence de presse le 15 décembre 2015 à Paris [FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives]

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, ne veut ni "discrimination entre les Français" ni "apatrides" résultant de la réforme de la déchéance de nationalité proposée par François Hollande, fortement contestée à gauche.

"Faut-il l'union nationale contre le terrorisme? Réponse: oui. Faut-il mettre dans la Constitution l'état d'urgence? Réponse: oui. Faut-il dénier le droit d'être Français aux terroristes qui nous dénient le droit d'être Français? Réponse: oui. Faut-il qu'il y ait des discriminations entre Français? Réponse: non, pas de discrimination entre les Français. Faut-il qu'il y ait des apatrides? Non", a énuméré M. Cambadélis sur Europe 1.

"Avec ces cinq items, on fait un texte de trois lignes et on se met d'accord à l'Assemblée nationale et au Sénat pour se débarrasser de cette question parce qu'il faut qu'il y ait l'état d'urgence dans la Constitution", a ajouté le premier secrétaire du PS.

"Le feuilleton doit cesser" 

"Le feuilleton doit cesser" autour de cette réforme très contestée à gauche. "Ca suffit, il faut que ça s'arrête", a tonné M. Cambadélis. "Nous avons eu un débat très long et très intéressant à la direction du PS, nous en aurons d'autres mais une fois que nous aurons pris une décision, il faudra s'y tenir". Cette décision sera prise "au début de la semaine prochaine", a-t-il indiqué.

François Hollande a annoncé, quelques jours après les attentats du 13 novembre (130 morts), vouloir élargir la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français et condamnés pour terrorisme. Le texte de réforme constitutionnelle intégrant notamment cette mesure, qui suppose une majorité des 3/5e du Parlement, devrait être examiné à l'Assemblée nationale entre le 4 et le 8 février.

Cette réforme est très contestée au sein de la majorité. Plusieurs de ses détracteurs plaident pour l'alternative de la peine d'indignité nationale. D'autres plaident pour un élargissement de cette déchéance à tous les Français, au risque de créer des apatrides. La réforme constitutionnelle prévoit également l'inscription de l'état d'urgence dans la Loi fondamentale.

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