Alors qu'un épisode de pollution de l'air a frappé l'Europe fin mars, les petites particules fines seraient la cause de maladies chroniques non seulement graves et mais précoces. C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l'université chinoise Sun Yat-sen.
Invisibles à l'œil et d'une extrême nocivité pour notre santé, les particules fines seraient aussi responsables de maladies qui surviendraient plutôt que prévu dans notre organisme. Des chercheurs de l'université chinoise Sun Yat-sen ont publié une étude dans laquelle ils ont analysé les conséquences d'une trop forte exposition à la pollution atmosphérique. Et les résultats sont édifiants.
Menée sur 360.000 Britanniques (âgés de 39 à 70 ans) qui se sont portés volontaires pour rejoindre la UK Biobank entre 2006 et 2010, l'étude révèle que les particules fines avancent l'âge moyen d'apparition des maladies chroniques au Royaume-Uni.
Ainsi, les personnes pourraient tomber malades plus de deux ans plus tôt à cause de la pollution de l'air qu'elles respirent. «Notre étude démontre que la pollution atmosphérique n'est pas seulement un facteur de risque de maladie, elle agit comme un accélérateur silencieux qui prive les individus de leurs années les plus saines», note l'un des chercheurs.
Troubles neurologiques et psychiatriques
Chaque participant a fourni des informations telles que son âge, son statut tabagique, sa consommation d'alcool et son niveau de pauvreté, données qui ont ensuite été prises en compte dans l'analyse de la pollution atmosphérique.
«Nous avons constaté que les polluants atmosphériques étaient significativement associés à l’apparition accélérée de différentes maladies chroniques, touchant presque tous les principaux systèmes organiques. Nous avons été particulièrement surpris par la grande sensibilité des troubles neurologiques et psychiatriques», abonde le groupe de scientifiques.
Plusieurs maladies ont été observées, à savoir : les cancers du poumon, l'asthme, pneumopathie et autres infections aiguës des voies respiratoires inférieures (grippe exclue), mais aussi AVC, infarctus, hypertension et diabète de type 2.
Réduire la pollution de l'air pour gagner un an de vie
Les chercheurs ont également pu utiliser ces données pour prédire les maladies qui auraient pu être évitées si la pollution au Royaume-Uni avait été réduite conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2021.
Ils ont constaté que les 360.000 participants auraient pu économiser au total 539.000 années de maladie. Pour chaque participant, cela représente un gain d’un peu plus d’un an de vie en bonne santé, même si ce gain n’est pas réparti uniformément au sein du groupe.
«La réduction de la pollution atmosphérique doit faire partie intégrante de toute stratégie visant à réduire les inégalités en matière de santé et à alléger la pression sur le système de santé», a expliqué le Dr Amy Ronaldson, du King's College de Londres, qui n'a pas participé à cette recherche mais avait déjà étudié les participants de la UK Biobank.
«Chaque année, l’air pollué cause environ 250.000 décès prématurés et coûte jusqu’à 850 milliards d’euros à l’économie de l’UE», déclarait en 2025 la commissaire à l’Environnement, Jessika Roswall.