Une étude publiée par Harvard affirme que la sélection naturelle a favorisé le gène des cheveux roux. Il est connu pour être résistant à certaines maladies.
Mercredi 15 avril, Harvard a publié une étude montrant qu'il existe 479 variantes génétiques qui seraient favorisées par la sélection naturelle. Parmi elles, le gène qui est responsable des cheveux roux, qui offrirait une meilleure résistance à certaines maladies.
Longtemps moqués, voire ostracisés, les roux pourraient bien tenir leur revanche génétique, et c'est la science qui le dit. Une grande étude publiée récemment dans la revue Nature a analysé l'ADN ancien et moderne de près de 16.000 individus originaires d'Eurasie occidentale. Il en ressort que le gène responsable des cheveux roux a été favorisé par l'évolution depuis 10.000 ans.
Ainsi, le gène MC1R, celui qui donne aux roux leur couleur de cheveux si reconnaissable, figure parmi les grands gagnants de cette évolution silencieuse de la sélection naturelle.
Une résistance aux maladies accrue
Cette étude démontre ainsi que dans les populations d'Eurasie occidentale, cinq types de gènes sont devenus plus fréquents lors de cette sélection naturelle : ceux qui augmentent la fréquence des cheveux roux, de la peau claire, qui réduisent les risques de diabète, de calvitie, mais aussi qui améliorent la résistance à certaines maladies comme le VIH ou la lèpre.
Les scientifiques restent néanmoins prudents sur les mécanismes exacts. Le fait qu'un variant génétique soit associé à un trait aujourd'hui ne signifie pas automatiquement que c'est ce trait qui a été important dans le passé. Autrement dit, le gène MC1R aurait pu être sélectionné pour ses effets sur le système immunitaire, et la couleur rousse n'en serait que le signe visible.
Une hypothèse plus établie pointe vers la synthèse de vitamine D. Dans les régions nordiques peu ensoleillées, la peau claire et les cheveux roux permettraient d'absorber davantage de rayons UVB, un avantage décisif pour des populations agricoles dont l'alimentation, pauvre en vitamine D, les exposaient au rachitisme.
Cette étude, menée sur sept ans par le généticien David Reich et son collègue Ali Akbari, a doublé à elle seule la taille de la littérature mondiale sur l'ADN humain ancien. Elle ouvre désormais des perspectives concrètes. Les résultats pourraient aider les chercheurs à identifier de nouveaux facteurs génétiques impliqués dans les maladies, améliorer l'évaluation des risques et orienter le développement de nouvelles thérapies.
Pour les millions de personnes rousses qui ont passé leur vie à défendre leur couleur de cheveux, la conclusion s'impose d'elle-même. L'évolution, sur 10.000 ans, a parié sur elles.