Une octogénaire atteinte d'Alzheimer, presque muette, a recommencé à parler spontanément de sa vie environ 19 heures après avoir ingéré 5 grammes de champignons contenant de la psilocybine.
Inattendu. Alors qu'une femme de 80 ans atteinte d'Alzheimer ne pouvait presque plus parler depuis cinq ans, elle a brusquement retrouvé la mémoire et la parole plusieurs heures après avoir ingéré un champignon hallucinogène.
C'est ce que rapporte une étude de cas publiée fin mai dans la revue scientifique Frontiers in Neuroscience. La patiente, suivie médicalement à domicile, présentait avant l'intervention un tableau clinique classique d'Alzheimer avancé.
Puis, après la prise du champignon, appelé aussi champignon hallucinogène, la patiente a d'abord traversé une phase de forte transpiration, une suspicion d'hyperthermie et un sommeil profond prolongé. Dans la nuit, elle s'est mise à raconter spontanément des souvenirs autobiographiques pendant plusieurs heures.
Une amélioration et non une guérison
Les jours suivants, plusieurs fonctions se sont améliorées simultanément telles que la marche en autonomie, la capacité à s'habiller seule, ou encore les expressions émotionnelles plus riches et la reconnaissance contextuelle de ses proches.
Un mois plus tard, une dose plus faible a été ingérée et a confirmé ces progrès, avec une patiente plus expressive, davantage de sourires et même de l'humour spontané. Les auteurs insistent sur la prudence qu'impose ce type d'observation isolée.
Les chercheurs eux-mêmes précisent que ces résultats n'impliquent en aucun cas une guérison ou une régression de la maladie d'Alzheimer.
L'hypothèse avancée repose sur les propriétés de la psilocybine qui modifie temporairement la façon dont les grandes régions cérébrales communiquent entre elles.
Les essais cliniques sur la psilocybine dans le contexte de la maladie d'Alzheimer restent à un stade très précoce et concernent surtout des patients en début de maladie. Ce cas reste donc une piste de recherche à explorer plutôt qu'une preuve clinique, mais il pourrait motiver des études contrôlées plus larges pour vérifier si ce phénomène se reproduit chez d'autres patients.