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Zika, chikungunya, dengue... La France recense déjà plus de 210 cas depuis début mai

Le moustique tigre est aujourd’hui implanté dans 83 départements de France métropolitaine. [© frank29052515/Adobe]

Plus de 210 cas importés de chikungunya, dengue et Zika, transmis par des moustiques tigres, ont été recensés en France depuis début mai et le démarrage de la surveillance renforcée de cette famille de maladies, selon un bilan publié ce mercredi par Santé publique France.

Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme. Alors que l’été approche, avec ses fortes chaleurs et ses déplacements de vacanciers, plus de 210 cas importés de maladies transmissibles par des moustiques tigres, qui prolifèrent à cette période de l’année, ont été recensés depuis début mai dans l’Hexagone, annonce Santé publique France. Du 1er mai jusqu’au 14 juin 2026, 164 cas importés de dengue, 43 de chikungunya et 4 cas de Zika ont été identifiés, précise l'agence sanitaire.

Les cas «importés» concernent des personnes ayant voyagé dans des régions du monde où circulent de manière endémique ces virus. Cette année, aucun cas autochtone n'a été identifié, mais les spécialistes sont certains qu'il y en aura cet été dans l'Hexagone, où les fortes chaleurs sont plus précoces, plus fréquentes et plus intenses. Cumulé à la mondialisation et à l'urbanisation, le réchauffement climatique a en effet facilité l'implantation du moustique tigre dans des régions d'où il était absent voici quelques décennies. 

Le moustique tigre présent dans 83 départements 

Autrefois circonscrit aux régions tropicales et sub-tropicales, le moustique tigre est aujourd’hui implanté dans 83 départements de France métropolitaine. Il a encore du mal à s'implanter en Bretagne et dans le Nord, notamment en raison du climat, mais la situation pourrait évoluer tant il dispose d'une forte adaptabilité. Et sa période d'activité s'étend désormais de mai à novembre. Fin mai, le ministère de la Santé a adressé un «appel à une vigilance renforcée» sur ces maladies dans l'Hexagone.

Après une année 2025 record en France pour les cas autochtones de ces maladies, chikungunya en tête (plus de 800 cas), les autorités sanitaires ont aussi exhorté à demeurer «vigilants» pour limiter les risques d'importation et de propagation. La dengue et le chikungunya pourraient devenir endémiques en Europe, a alerté en 2025 une étude publiée dans la revue Lancet Planetary Health. L’endémisme caractérise la présence naturelle et exclusive d'un groupe biologique dans une région délimitée. 

Dans les zones où le moustique tigre s'est établi, il peut ne s'écouler qu'une année entre deux flambées de dengue ou de chikungunya, «probablement en raison de l'évolution des conditions climatiques», et cette récurrence est «renforcée par la fréquence des déplacements humains», selon ses auteurs. L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite au monde, sous l'effet de multiples facteurs : proximité de l'Arctique, changements de circulation atmosphérique ou pollution de l'air.

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