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Hubert Reeves : l'astrophysicien est décédé à l'âge de 91 ans

Le scientifique savait mieux que personne transmettre sa passion des étoiles. [© L.VENANCE/AFP]

L'astrophysicien franco-canadien Hubert Reeves, célèbre pour ses talents de vulgarisateur scientifique, est décédé ce vendredi à l'âge de 91 ans, à Paris.

Un infatigable passionné. Le célèbre astrophysicien franco-canadien Hubert Reeves, reconnu pour son travail de vulgarisation aussi bien dans les médias que dans ses nombreux livres sur le cosmos, est décédé ce vendredi à 91 ans, a annoncé son fils sur Facebook.

«Toute ma famille se joint à moi dans la douleur de devoir vous annoncer que notre cher père est parti rejoindre les étoiles», a écrit Benoit Reeves sur le réseau social.  

Mort à Paris, Hubert Reeves fut un conteur magistral de l'histoire de l'Univers, la passion de sa vie, mais aussi l'un des plus ardents défenseurs de la planète bleue. «Le Québec perd aujourd'hui un vulgarisateur hors pair, un astrophysicien de renom. Hubert Reeves a su trouver les mots pour nous faire comprendre l'humanité et l'infini. Il repart aujourd'hui comme il est venu, en poussière d'étoiles», a commenté François Legault, Premier ministre du Québec.

La tête dans les étoiles

Hubert Reeves est né en 1932 à Montréal au Québec. Dès ses premières années, il a ressenti une attirance pour les sciences, qu’il a développée au cours de sa scolarité chez les jésuites. Après une maîtrise de physique, il est devenu docteur en astrophysique nucléaire en 1960. Après sa sortie de l’université, Hubert Reeves a travaillé un temps pour l’Agence spatiale américaine, la Nasa.

Mais, au milieu des années 1960, la France, via le CNRS, lui tend les bras. Il a alors quitté la belle province pour l'Hexagone et devenir directeur de recherches au Centre national de recherche scientifique, tandis que l’Institut d’astrophysique de Meudon le recrutait comme enseignant. Sa quête effrénée de savoir ne lui suffisait plus. Il voulait en faire profiter le plus grand nombre.

A cette époque, la spécialité d’Hubert Reeves est la nucléosynthèse primordiale, les quelques minutes qui ont suivi le big bang et pendant lesquelles les premiers éléments de matière ont été formés. La plupart des thésards français, les spécialistes actuels des galaxies, du fonctionnement du cosmos de la formation de l’univers ont suivi son enseignement.

A la fin des années 1960, Hubert Reeves a commencé à consacrer du temps à la vulgarisation scientifique. Depuis, il a écrit une quinzaine d’ouvrages qui touchent à la compréhension du monde qui nous entoure. Ses principaux livres : Poussières d’étoiles(1984) et Sommes-nous seuls dans l’univers ?(2000), ont remporté un énorme succès. Hubert Reeves ne s'est pas limité à l’écrit. Il a mis en scène des spectacles scientifiques et parcouru les continents pour donner des conférences avec un succès jamais démenti, devenant une «bête de télé».

Le scientifique, qui, sur décision de l'Union astronomique internationale, a donné en 1999 son nom à un astéroïde, a réalisé de nombreux films, émissions de télévision et spectacles scientifiques. Une question fondamentale sous-tendait toujours sa réflexion : l'Univers a-t-il un sens ? 

Un ardent défenseur de la nature

Outre sa passion pour le cosmos, il s’engageait de plus en plus régulièrement pour la défense de la nature. Après avoir débuté sa vie professionnelle comme expert en physique nucléaire, il devenait ainsi un farouche opposant aux armes et à l’énergie atomique. À partir de 2001, il a présidé la ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage et la défense des non-chasseurs, association française reconnue d’utilité publique, et était membre de Terre d’avenir et de France Nature Environnement.

Il faut «empêcher que la planète devienne inhabitable», plaidait-il ainsi à l'Elysée en 2014, lors d'une conférence environnementale. «Nous sommes devant un combat entre deux puissances opposées : la détérioration de la planète (...) et les projets de restauration. (...) Qui va l'emporter ? Personne ne le sait», s'alarmait lors d'une intervention poignante ce père de quatre enfants, huit fois grand-père. Sauver la planète était pour lui une affaire de «coeur».

«L'écologie, ce n'est pas UN grand problème, mais des millions de petits problèmes», parfois quotidiens, alors il faut que les gens aient «envie de les aborder», disait-il à l'AFP, en 2018, lors de la sortie d'un documentaire bâti autour de son engagement envers la biodiversité, «La Terre vue du coeur».

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