La dernière interview de Charles Aznavour : « Moi je vais de l'avant »

La dernière interview de Charles Aznavour, vendredi 28 septembre sur le plateau de C à vous. [Capture d'écran ]

Icône de la chanson française, Charles Aznavour est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 94 ans. Le chanteur avait donné sa dernière interview sur le plateau de « C à vous » vendredi 28 septembre. Il s'était notamment confié sur son amour de la scène, « sa raison de vivre ». 

Alors que l’artiste devait repartir en concert en novembre, Charles Aznavour y avait rassuré ses fans sur ses récents soucis de santé : une fracture du bras qui l’avait contraint d’interrompre sa tournée. 

Il y abordait d’ailleurs tout sourire son goût pour la vie. « Moi je vais de l’avant. Il n’ y a pas de marche arrière chez moi». « Je vais arriver devant le public, je ne vais pas arriver comme un malheureux » expliquait Aznavour pour qui l’amour de la scène, le maintenait en vie. Ainsi quand sa femme lui avait suggèré d’arrêter, il luiavait rétorqué « alors je mourrai ». « Je ne peux pas ne pas vivre et je vis en scène. Je suis heureux d’entrer sur ce truc, qui s’appelle la scène, et ça se voit » expliquait-il sur le plateau de C à Vous.  

Souriant, philosophe, quand Elisabeth Lemoine aborde ce que le chanteur appelle lui-même ses « douze années de bides » il ironise : «  J’ai toujours pensé que j’allais en sortir. J’ai d’ailleurs toujours pensé que je pouvais me sortir de tout » souligne Charles Aznavour pour qui l’expression se sentir vieux n’a pas de sens. « Je me sens vivant et c’est très important. L’âge n’existe pas. L’âge c’est le calcul que l’on fait».

Espiègle, joyeux, Charles Aznavour parle de tout : de sa personnalité, des femmes, qu'il soutient - « je suis 100 % féministe » - de la chanson française, de son métier qu’il vit comme un loisir : « Mon loisir, c’est mon métier. Quand j’ai deux minutes devant moi, je commence à écrire. Écrire quoi. Parfois rien, parfois un mot qui m’intéresse dont je ne me suis jamais servi auparavant ». 

Car pour Aznavour, le texte est capital. Il défend ainsi vivement les paroliers français. « Ce que je voudrais, c’est que mes confrères fassent traduire leurs chansons. Il n’ y a pas de meilleurs textes que les chansons en français. Il y a de la musique extraordinaire partout, mais les textes, on est les plus forts. Et quand on ne les traduit pas, les autres ne peuvent pas le savoir ».

Travailleur acharné, amoureux des mots, celui qui a interprété plus de 1300 chansons se raconte :  « La colère, ça fait partie de ma vie. Je suis un emmerdeur » s’amuse-t-il. « Ce qui m’emmerde, c’est tout ce qui ne va pas dans mon métier » comme par exemple de ne pas citer le nom des auteurs compositeurs mais uniquement des interprètes. 

Des auteurs qui comptent à ses yeux. Évoquant sa chanson préférée, il note « je n’ai pas écrit le texte. C’est «La bohème», une très belle chanson de Jacques Plante ». 

Avant de conclure , « je suis toujours fringant. Il n’y a aucune raison de changer ». Lui qui avait convenu avec sa sœur d’être là jusqu’à ses 100 ans, n’aura pas tenu sa promesse, mais laisse derrière lui  un répertoire qui le rend immortel.

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