Thomas Pesquet : «Le film 'Seul sur Mars', c’est mon rêve»

Le spationaute était à bord de la Station spatiale internationale (ISS) de fin novembre 2016 au mois de juin 2017. [© YANN COATSALIOU / AFP]

Réalisé par Pierre-Emmanuel Le Goff, le documentaire «16 levers de soleil» revient sur la mission de l’astronaute Thomas Pesquet à bord de l'ISS. De passage à Paris, le Français a évoqué ce tournage, ses projets et son envie d'être Matt Damon.

Au cours des 196 jours qu'aura duré la mission Proxima, Thomas Pesquet, 40 ans, a accepté de tourner des images pour les besoins d'un long-métrage qui est désormais en salles. L'homme qui a les pieds sur Terre et la tête dans les étoiles avoue que cela «a représenté beaucoup de boulot». Mais il ne regrette rien et aimerait même repartir pour prendre de nouvelles photos.

Que représente ce documentaire pour vous ?

Je suis ravi qu’il y ait quelque chose qui reste de ces six mois dans l'espace et que l’histoire de cette mission spatiale soit racontée en 117 minutes.

Vous vous êtes glissé dans la peau d'un cameraman...

Au début, j’étais enthousiaste et après, beaucoup moins, parce que je me suis rendu compte que cela allait être beaucoup de boulot. J’étais cameraman, preneur de son, pigiste, figurant, extra… Faire des images était très très bas dans la liste des priorités à bord de la station. On ne nous envoie pas dans l’espace pour tourner un documentaire, on fait de la recherche. On s’est donc débrouillé avec les moyens du bord. C’était comme si vous faisiez un film dont les acteurs ont autre chose à faire que de jouer dans ce film.

Aviez-vous reçu une formation particulière avant de décoller ?

On reçoit tous une formation professionnelle pour filmer à bord. La caméra 6K, elle, restait une découverte. C'est un matériel compliqué. Cela génère un flot de données phénoménal avec des réglages manuels. Mes collègues m’ont aussi aidé. C'était sympa de leur part. Et avec Pierre-Emmanuel Le Goff, nous avions établi ensemble une liste de plans que nous souhaitions avoir pour le film.

Je suis là pour faire rêver les gens.

Vous répétez plusieurs fois dans ce documentaire que vous êtes là pour faire rêver. Qu'est-ce que vous entendez par cela ?

Je suis plutôt optimiste, il faut l’être quand on va dans l’espace. Je pense qu'il faut sortir les gens du quotidien et du local. Aujourd'hui, on prend plus les choses à l’échelle individuelle. Si c’est bon pour moi, je le fais. Donc pour mettre les gens au niveau global, il faut les faire rêver.

De retour sur Terre, votre conscience écologique s'est-elle accrue ?

J’essaie maintenant de me rendre utile dans le domaine de l’environnement. Mais je suis pris à 100% par mon métier à l’Agence spatiale européenne. On ne m’a pas proposé d’être ministre de l’Écologie. En revanche, j'ai été sollicité par des fondations. Actuellement, c’est incompatible avec mon travail en terme d’emploi du temps. Peut-être plus tard...

Quels sont vos films spatiaux préférés ?

Il y a beaucoup de films spatiaux qui sortent en ce moment. J'ai pu voir en avant-première «First Man» avec Ryan Gosling. «Seul sur mars», c’est mon rêve. Techniquement, il est très réaliste. Je me voyais à la place de Matt Damon. «Interstellar» est davantage dans l’anticipation.

Quels sont vos projets, vos rêves ?

Dans mon rêve, j'aimerais faire toutes les missions. Idéalement, je retourne sur l'ISS pour une deuxième mission et y prendrais les photos que je n'ai pas réussi à faire la première fois. Je souhaiterais aussi être parmi les premiers à aller dans la future station autour de la Lune à partir de 2025. J'espère que cela ne va pas prendre de retard et que j'en ferais partie. Et je me vois aussi partir pour Mars.

Et qu'en pense votre compagne ?

Elle se dit que c'est dans vingt ans et donc qu'on a le temps de voir. Et elle ne partage pas forcément mon optimisme sur la technique.

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